À l’approche du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghaï, les autorités kirghizes adressent une recommandation inhabituelle aux habitants de Bichkek : quitter temporairement la capitale. Une demande qui illustre l’ampleur des mesures de sécurité prévues pour accueillir un nombre inédit de dirigeants étrangers.
Sommet de l’Organisation de coopération de Shanghaï et Jeux nomadiques : pendant trois jours, Bichkek sera uniquement pour les délégations étrangères
Le Kirghizstan s’apprête à vivre l’un des rendez-vous diplomatiques les plus importants de son histoire récente. Les 30 et 31 août ainsi que le 1er septembre 2026, Bichkek accueillera le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghaï, tandis que débuteront simultanément les VIes Jeux nomadiques. Cette concentration exceptionnelle d’événements internationaux conduira les autorités à mettre en place un dispositif de sécurité d’une ampleur rarement observée dans la capitale.
C’est dans ce contexte que le porte-parole du président kirghiz, Askat Alagozov, a lancé un appel qui a rapidement suscité de nombreuses réactions. Les habitants de Bichkek sont invités, dans la mesure du possible, à passer ces journées sur les rives du lac Issyk-Koul ou dans d’autres destinations touristiques du pays afin de limiter les difficultés liées aux restrictions de circulation. Une recommandation inhabituelle qui témoigne des défis logistiques posés par l’organisation simultanée d’un sommet international et d’un événement sportif réunissant des dizaines de délégations étrangères.
Bichkek face à un sommet de l’Organisation de coopération de Shanghaï hors norme
La présidence kirghize justifie cette demande par des impératifs de sécurité exceptionnels. Selon les informations communiquées par l’administration présidentielle, 21 chefs d’État sont attendus à Bichkek durant ces trois journées. Plusieurs d’entre eux effectueront également une visite d’État officielle au Kirghizstan en marge du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghaï, ce qui implique un protocole renforcé ainsi que des déplacements supplémentaires dans la capitale.
Certaines délégations arriveront en outre accompagnées des Premières dames, ce qui accroît encore les exigences sécuritaires et organisationnelles. Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, figure également parmi les personnalités attendues. Pour un pays de près de sept millions d’habitants, rarement confronté à une concentration aussi importante de responsables internationaux au même moment, l’enjeu logistique est considérable.

Cette situation explique le message adressé directement aux habitants par Askat Alagozov. Le porte-parole du président leur a demandé de « passer ces journées, dans la mesure du possible, sur les rives de l’Issyk-Koul ou dans d’autres lieux de repos. Dans le cas contraire, les désagréments seront avant tout pour vous, car les routes de la ville seront fréquemment fermées pendant trois jours », a-t-il déclaré.
Cette communication tranche avec les messages habituellement diffusés lors des grands événements internationaux. Les autorités ne décrivent pas un risque sécuritaire particulier pour la population. Elles mettent plutôt en avant les conséquences pratiques que provoqueront les fermetures répétées des principaux axes routiers, afin que les habitants y réfléchissent et prennent la « bonne » décision de partir.
Bichkek se prépare à trois jours de fortes restrictions pendant le sommet
Les autorités préviennent que les principales artères de Bichkek feront l’objet de fermetures régulières durant toute la période du sommet. Les restrictions concerneront les déplacements des convois officiels, une pratique courante lors des grandes rencontres diplomatiques, mais dont l’ampleur s’annonce particulièrement importante cette année en raison du nombre exceptionnel de délégations présentes simultanément.
L’objectif affiché est d’éviter un engorgement durable de la circulation dans une ville qui connaît déjà des difficultés de mobilité au quotidien. Les autorités considèrent qu’une réduction temporaire du nombre d’habitants présents dans la capitale constitue le moyen le plus efficace de limiter les embouteillages et les perturbations affectant les transports publics, les services de livraison ou encore les déplacements professionnels.
Cette stratégie s’accompagne d’une autre mesure remarquable : le report de la rentrée scolaire. Les élèves des écoles ainsi que les étudiants des universités de Bichkek ne reprendront leurs cours que le 15 septembre, soit environ deux semaines après la date habituelle. Là encore, l’objectif consiste à diminuer les flux quotidiens de circulation dans la capitale pendant une période où les infrastructures seront fortement sollicitées par les délégations étrangères.
Les autorités soulignent ainsi qu’aucune famille n’aura besoin de revenir précipitamment dans la capitale pour préparer la rentrée du 1er septembre. Cette décision offre aux habitants la possibilité de prolonger leurs vacances estivales, notamment dans la région touristique de l’Issyk-Koul, sans craindre de manquer le début de l’année scolaire.
