À Tachkent, la question de la climatisation dans les bus s’impose comme un enjeu majeur à l’approche de l’été. Malgré une flotte modernisée, plus de 500 véhicules circulent encore sans système de refroidissement, exposant les passagers à des températures parfois étouffantes.
Climatisation des bus à Tachkent : une flotte largement non-équipée
Le 18 mai 2026, l’autorité organisatrice des transports en commun de Tachkent a confirmé une réalité qui alimente les critiques depuis plusieurs semaines : une part significative des bus de la capitale ouzbèke reste dépourvue de climatisation. Dans une ville où les températures dépassent régulièrement les 35 degrés, cette situation soulève des questions sur les conditions de transport et la gestion du réseau. Alors que la modernisation des infrastructures urbaines est présentée comme une priorité nationale en Ouzbékistan, les données récemment publiées mettent en lumière un décalage persistant entre les ambitions affichées et la réalité du terrain.
Le réseau de transport public de la capitale compte aujourd’hui 1.987 bus, rapporte Gazeta.uz en citant Toshshahartransxizmat, l’autorité organisatrice des transports en commun de Tachkent. Parmi eux, 1.480 véhicules sont équipés de systèmes de climatisation, soit environ 74% de la flotte. Cependant, 507 autobus en sont totalement dépourvus. Ces véhicules, principalement des modèles Mercedes et Isuzu produits avant 2023, ont été livrés sans équipement de refroidissement. « Les 507 bus sans climatisation sont sortis de l’usine dans cet état », a précisé l’ingénieur en chef de l’entreprise. Ce constat met en évidence un problème de base : il ne s’agit pas seulement de défaillances techniques ou de maintenance, mais bien d’un choix industriel initial qui continue d’impacter le confort des passagers plusieurs années après la mise en service des véhicules.
À Tachkent, la climatisation des bus mise à l’épreuve par la chaleur
La situation devient particulièrement critique avec l’arrivée des fortes chaleurs. Début mai, les températures ont atteint jusqu’à 36 degrés à Tachkent. Dans ce contexte, l’absence de climatisation transforme certains trajets en véritable épreuve pour les usagers. Face à ces conditions, les autorités ont tenté de réagir. Une instruction officielle a été envoyée le 30 avril 2026 à l’ensemble des transporteurs : les systèmes de climatisation doivent être activés dès que la température extérieure dépasse 28 degrés. L’objectif affiché est de maintenir une température intérieure autour de 26 degrés.
Pourtant, cette mesure ne concerne que les bus équipés. Les 507 véhicules dépourvus de climatisation restent, par définition, en dehors de ce dispositif. Cette limite structurelle réduit considérablement l’impact des directives adoptées par les autorités.
Climatisation des bus : des dysfonctionnements persistants à Tachkent
Même parmi les autobus équipés, la situation n’est pas pleinement satisfaisante. Une inspection récente a révélé que 250 bus sur les 1.480 dotés de climatisation présentaient des dysfonctionnements. « 1.480 autobus équipés de climatisation ont été inspectés et 250 présentaient différents dysfonctionnements », a indiqué l’ingénieur en chef de Toshshahartransxizmat. Au moment de cette déclaration, 150 véhicules avaient déjà été réparés, tandis que les travaux se poursuivaient sur une centaine d’autres. Ces chiffres traduisent un effort de maintenance réel, mais aussi l’ampleur des problèmes techniques rencontrés.
En réponse aux plaintes croissantes des passagers, les autorités ont renforcé les contrôles. Des inspections supplémentaires ont été mises en place et les exploitants ont reçu des consignes strictes. Les bus dont les systèmes de climatisation sont défectueux ne sont plus censés circuler.
Ouzbékistan : une modernisation des transports encore inachevée
Au-delà des aspects techniques, cette situation reflète les défis plus larges auxquels est confronté le secteur des transports urbains en Ouzbékistan. La capitale a connu ces dernières années une expansion rapide de son réseau de bus, avec l’introduction de nouveaux véhicules et l’extension des lignes.
Toutefois, cette modernisation s’est faite de manière progressive et parfois hétérogène. L’intégration de bus sans climatisation dans une ville au climat continental marqué apparaît aujourd’hui comme un choix contestable, notamment au regard des standards internationaux. Par ailleurs, les autorités ont annoncé vouloir améliorer la formation des chauffeurs afin de garantir une utilisation optimale des équipements existants. Des instructions spécifiques doivent leur être transmises pour éviter les erreurs de manipulation et assurer le bon fonctionnement des systèmes de refroidissement.
Dans ce contexte, la question de la climatisation des bus à Tachkent dépasse largement le simple enjeu de confort. Elle touche à la qualité du service public, à la perception des usagers et à la capacité des autorités à adapter les infrastructures aux réalités climatiques du pays.
