Une révolution silencieuse s’annonce dans l’industrie de la musique au Kazakhstan. À partir de juin 2026, les artistes devraient enfin percevoir des royalties pour la diffusion de leurs chansons, marquant une avancée majeure dans la protection du droit d’auteur et l’alignement du pays sur les standards internationaux.
Un tournant attendu pour le droit d’auteur au Kazakhstan
Dès le mois de juin 2026, le Kazakhstan s’apprête à franchir un cap décisif dans le domaine de la musique et du droit d’auteur. Après des années de dysfonctionnements et de critiques, un nouveau système de collecte et de redistribution des royalties doit entrer en vigueur. Objectif affiché : garantir aux créateurs une rémunération effective pour chaque diffusion de leurs œuvres, qu’il s’agisse de radio ou de télévision.
Pendant longtemps, les artistes kazakhstanais ont évolué dans un système lacunaire. Faute de mécanismes efficaces de collecte, une part importante des revenus liés à la diffusion musicale échappait aux ayants droit. Ce manque à gagner s’élèverait à plusieurs milliards de tenges, soit plusieurs millions d’euros non perçus par les créateurs. Dans ce contexte, la mise en place d’un système de royalties apparaît comme une nécessité. Désormais, chaque diffusion d’une chanson, à la radio ou à la télévision, devrait générer une rémunération pour son auteur. Une évolution majeure, rapportée notamment par Kursiv, qui rapproche le Kazakhstan des pratiques en vigueur en Europe ou aux États-Unis.
Cette réforme s’inscrit dans une volonté plus large de modernisation du secteur culturel. Elle vise à renforcer la transparence et à restaurer la confiance entre les artistes, les diffuseurs et les organismes de gestion collective.
Une plateforme nationale pour encadrer les royalties et la diffusion musicale
Au cœur de cette transformation, une plateforme numérique unifiée est en cours de déploiement sous l’égide du ministère de la Justice. Son rôle : centraliser les données de diffusion et automatiser la redistribution des droits d’auteur. Les autorités souhaitent ainsi instaurer un système équitable et traçable. « Nous mettons en place un système dans lequel les auteurs recevront une rémunération pour chaque utilisation de leurs œuvres », a déclaré Bekbolat Moldabekov, le vice-ministre de la Justice du Kazakhstan.
Cette infrastructure doit permettre de suivre précisément les rotations des chansons sur les différents canaux de diffusion. En d’autres termes, chaque passage à l’antenne sera comptabilisé, puis converti en revenu pour les ayants droit. Un tel dispositif constitue une avancée significative dans un pays où la gestion des droits d’auteur a longtemps été absente. Il répond également à une demande croissante des professionnels du secteur, qui réclamaient davantage de transparence et d’efficacité.
Des royalties dès juin 2026 pour les artistes
L’échéance est désormais fixée. Les premiers versements de royalties sont attendus dès juin 2026. Une date symbolique qui marque le début concret de la réforme. Pour de nombreux artistes, cette évolution représente une reconnaissance tardive mais essentielle de leur travail. Jusqu’ici, la diffusion de leurs œuvres ne se traduisait pas toujours par une rémunération proportionnelle. Avec ce nouveau système, chaque chanson diffusée devrait enfin générer un revenu direct.
Cette transformation pourrait faire de la musique une véritable source de revenus durable pour les créateurs locaux. Une perspective qui change radicalement le modèle économique du secteur, historiquement dépendant des concerts et des partenariats commerciaux. Par ailleurs, cette réforme pourrait encourager la production musicale nationale. En garantissant une meilleure rémunération, elle incite les artistes à investir davantage dans la création et la diffusion de leurs œuvres.
Droit d’auteur et télévision : une réforme majeure
Au-delà des artistes, l’ensemble de l’écosystème musical est concerné. Les diffuseurs, notamment les chaînes de télévision et les stations de radio, devront s’adapter à ce nouveau cadre réglementaire. Cette réforme s’inscrit dans une refonte globale du système de protection du droit d’auteur au Kazakhstan. Elle vise à structurer un marché encore en développement, tout en le rendant compatible avec les standards internationaux.
Les organismes de gestion collective joueront un rôle clé dans ce dispositif. Soutenus par les autorités, ils seront chargés de collecter les revenus auprès des diffuseurs et de les redistribuer aux ayants droit.
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