Au Kirghizstan, un référendum aura lieu pour décider d’une centrale nucléaire
Au Kirghizstan, un référendum pour décider d’une centrale nucléaire

Le gouvernement du Kirghizstan a annoncé que la question de la construction d’une centrale nucléaire serait soumise à un référendum national. Tandis que les discussions avec Rosatom se poursuivent, le pays s’inscrit dans une dynamique régionale déjà amorcée par le Kazakhstan.

Une centrale nucléaire au Kirghizstan au cœur d’un choix démocratique

Les autorités kirghizes l’ont assuré : la construction d’une centrale nucléaire ne sera pas imposée par le pouvoir exécutif. Elle dépendra directement de la volonté populaire. Ce choix traduit une volonté de transparence, mais aussi une prudence politique. Le nucléaire reste un sujet sensible dans l’ensemble de l’Asie centrale. Dès lors, organiser un référendum permet d’éviter les tensions internes et de légitimer un éventuel lancement du projet. En parallèle, le Cabinet des ministres souligne que plusieurs scénarios énergétiques sont à l’étude, preuve que le nucléaire n’est qu’une option parmi d’autres.

En outre, les autorités insistent sur le fait que le projet n’en est qu’à ses débuts. Il ne s’agit pas encore de lancer un chantier, mais d’évaluer la faisabilité à long terme. Cela passe notamment par la préparation des infrastructures et la formation de spécialistes, deux éléments essentiels dans le domaine nucléaire.

Un projet de centrale nucléaire encore en négociation avec Rosatom

Dans ce dossier, le partenaire clé reste Rosatom. Des discussions sont en cours entre Bichkek et le groupe russe, acteur majeur du nucléaire civil à l’échelle mondiale. Les négociations se poursuivent activement, sans qu’un accord définitif ait été annoncé à ce stade.

Daniyar Amangeldiev, le vice-président du Cabinet des ministres du Kirghizstan, a précisé les contours de cette coopération. « Nous coopérons avec Rosatom pour créer des infrastructures et former des spécialistes. Ce n’est qu’après cela que la question de la construction pourra être examinée », a-t-il déclaré. Cette déclaration met en lumière une approche progressive, fondée sur le développement des capacités nationales.

Par ailleurs, les autorités kirghizes cherchent à éviter toute précipitation. L’objectif est de bâtir un socle technique et humain solide avant de prendre une décision irréversible. Cette stratégie vise également à rassurer une opinion publique encore peu familière avec les enjeux du nucléaire.

Le Kirghizstan suit l’exemple du Kazakhstan sur le nucléaire

Le recours au référendum n’est pas une première dans la région. Le Kazakhstan avait déjà emprunté cette voie en 2024. À l’époque, un scrutin national avait été organisé pour se prononcer sur la construction d’une centrale nucléaire. Les résultats avaient été sans ambiguïté : 63,6% des électeurs avaient participé au vote, soit 7.820 204 votants. Parmi eux, 71,1% s’étaient exprimés en faveur du projet. Ces chiffres témoignent d’un soutien majoritaire, malgré les débats suscités par la question nucléaire.

Dans ce contexte, le Kirghizstan apparaît comme un suiveur. Il s’inscrit dans une dynamique régionale où les États cherchent à diversifier leur mix énergétique. Le nucléaire, longtemps absent des stratégies nationales, revient aujourd’hui au centre des discussions.

Une réponse aux défis énergétiques du Kirghizstan

Au-delà des considérations politiques, ce projet de centrale nucléaire répond à un besoin concret. Le Kirghizstan fait face à une augmentation continue de sa consommation d’électricité. Cette hausse est liée à la croissance économique, mais aussi à l’évolution des usages. Les autorités considèrent donc le nucléaire comme une solution potentielle pour garantir la sécurité énergétique. Il s’agit de réduire la dépendance aux importations et de stabiliser l’approvisionnement sur le long terme. Le pays cherche ainsi à renforcer son autonomie énergétique.

Cependant, cette ambition s’accompagne de défis majeurs. Le développement du nucléaire nécessite des investissements considérables, ainsi qu’un cadre réglementaire strict. Il implique également une gestion rigoureuse des risques, qu’ils soient environnementaux ou technologiques.

Dans ce contexte, le référendum apparaît comme une étape clé. Il permettra de mesurer l’acceptabilité sociale du projet. « Nous consulterons la population pour savoir s’il faut avancer avec le temps ou non », a résumé Daniyar Amangeldiev.

Par Païsiy Ukhanov
Le 04/05/2026

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