Au Kazakhstan, les écoles connaissent une transformation accélérée. Entre construction massive d’établissements, refonte des programmes et introduction de nouveaux dispositifs, l’année 2025 a fait office de jalon décisionnel, et 2026 s’annonce comme une phase de déploiement à grande échelle.
Écoles : un chantier massif de modernisation en cours au Kazakhstan
Le 3 avril 2026, à Astana, le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, a auditionné sa ministre de l’Éducation, Jouldiz Suleimeinova, qui a dressé un bilan détaillé du secteur éducatif. Dans un pays qui compte plus de 4,1 millions d’élèves, la modernisation de l’enseignement fait office de cause nationale majeure. Au fil de l’année 2025, le Kazakhstan a intensifié ses réformes, combinant rénovation des infrastructures, évolution des programmes et transformation numérique. Tout cela, afin d’améliorer la qualité de l’enseignement tout en réduisant les inégalités territoriales.
Le chantier des écoles s’est accéléré à un rythme inédit. En trois ans, 217 nouveaux établissements ont été construits dans le cadre du programme « Keleshek mektepteri » (« Écoles du futur »), avec une capacité totale d’environ 460.000 places. Ce programme vise directement à résoudre les problèmes de surpopulation et d’écoles vétustes, encore fréquents dans certaines régions.
Ce vaste effort s’inscrit dans une politique plus large. Depuis 2019, plus de 1.200 écoles ont été ouvertes, et le budget de l’éducation a été multiplié par trois. Par conséquent, les infrastructures éducatives se rapprochent progressivement des standards internationaux. Parallèlement, des centaines d’écoles continuent d’être rénovées chaque année. En 2025, 232 établissements étaient encore en construction. Cette dynamique traduit une volonté politique forte de rattraper les retards accumulés.

© Қазақстан Республикасының Оқу-ағарту министрлігі
Les programme scolaires connaissent une refonte
Au-delà des bâtiments, c’est le contenu de l’enseignement qui évolue. Les programmes du primaire sont en cours de révision pour renforcer les compétences fondamentales en lecture, écriture et calcul. Une réforme qui répond aux préoccupations sur le niveau des élèves dans les disciplines de base.
Dans ce contexte, le programme d’éducation morale « Adal azamat » (« Citoyen honnête »), en place depuis l’année scolaire 2025-2026, occupe une place centrale. En s’appuyant sur trois piliers fondamentaux (l’honnêteté, le travail (valeur du mérite) et le patriotisme), il vise à élever un citoyen capable de participer activement à la société, avec un sens élevé de la responsabilité civique. Cette orientation s’inscrit dans une doctrine politique plus large portée par le gouvernement kazkakhstanais : « Adal azamat – Adal enbek – adal tabis » (« Citoyen honnête – travail honnête – réussite légitime »).

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Numérisation et intelligence artificielle dans l’enseignement
Autre axe majeur : la transformation numérique des écoles. Le Kazakhstan affiche un taux de connexion Internet de 99% dans les établissements scolaires. Une base essentielle pour déployer des outils pédagogiques numériques.
L’intégration de l’intelligence artificielle constitue une étape supplémentaire. En 2026, 240.000 enseignants ont déjà été formés à ces technologies, et 200.000 autres doivent l’être prochainement. L’objectif est d’adapter les pratiques pédagogiques aux nouvelles réalités technologiques.
Dans le même temps, un projet pilote baptisé « Qazaq Digital Mektebi » (« École numérique kazakhe ») doit être lancé pour réduire les inégalités entre zones urbaines et rurales. Ce programme prévoit le développement d’écoles numériques capables d’offrir un accès équitable aux ressources éducatives.
Ainsi, la numérisation ne se limite pas à un simple outil. Elle devient un levier stratégique pour moderniser l’ensemble du système éducatif.

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Projets en cours : vers un nouveau modèle éducatif
Les réformes engagées en 2025 ne constituent qu’une étape. Elles préfigurent un modèle éducatif profondément renouvelé. Le programme « Keleshek mektepteri » (« Écoles du futur ») continue de se déployer, avec des standards de gestion et d’accréditation repensés. Par ailleurs, les autorités poursuivent la mise en place de dispositifs d’accompagnement. Des centres de soutien pédagogique pour les parents et des services de soutien psychologique pour les élèves ont été créés. Ces initiatives visent à renforcer l’environnement éducatif au-delà de la salle de classe.
Enfin, la formation des enseignants fait l’objet d’une attention particulière. La certification est désormais automatisée via des plateformes numériques, facilitant le développement professionnel continu. Cette évolution s’inscrit dans une logique de professionnalisation accrue du corps enseignant.
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