Gaz et pétrole : le Kazakhstan prépare une nouvelle vague d’enchères
Gaz et pétrole : le Kazakhstan prépare une nouvelle vague d’enchères

Le Kazakhstan accélère sa stratégie énergétique. Alors que plus de 70% de ses gisements de pétrole arrivent à maturité, le pays prévoit de mettre aux enchères plus de 20 nouveaux blocs d’exploration en 2026. Objectif : relancer la production de pétrole et de gaz, sécuriser les investissements et soutenir l’expansion de ses capacités de raffinage.

Pétrole et gaz : deux gisements kazakhstanais mis aux enchères

Le 27 février 2026, le ministre de l’Énergie du Kazakhstan, Erlan Akkenjenov, a confirmé que le Kazakhstan organiserait au moins deux enchères électroniques en 2026 pour l’attribution de droits de sous-sol portant sur des hydrocarbures. Ces enchères concernent à la fois le pétrole et le gaz, dans un contexte de pression croissante sur les gisements existants. « En 2026, il est prévu d’organiser au moins deux enchères électroniques pour l’octroi de droits d’utilisation du sous-sol pour les hydrocarbures ; il faut également assurer la poursuite de la révision des contrats pour lesquels les obligations contractuelles ne sont pas respectées », a précisé le ministre. En 2025, 167 notifications ont été envoyées à des titulaires de contrats pour non-respect de leurs engagements. Par ailleurs, les enchères précédentes ont généré 1,2 milliard de tenges de bonus de signature, soit environ 2,4 millions d’euros convertis au taux moyen récent. Les engagements d’investissement initial liés à ces adjudications atteignaient 45,5 millions de dollars, soit environ 42 millions d’euros.

La dynamique ne s’arrête pas là. Plus de 20 blocs pétroliers et gaziers devraient être proposés en 2026, après d’importants travaux d’exploration dans le bassin de la mer d’Aral. « À la suite d’importants travaux d’étude dans le bassin de l’Aral, plus de 20 blocs d’hydrocarbures seront proposés aux enchères en 2026 », a déclaré Kanat Yerubayev, président par intérim du comité de géologie.

Pétrole en fin de cycle : plus de 70% des gisements concernés

Cette offensive sur les nouveaux blocs intervient dans un contexte structurel préoccupant. Le 26 février 2026, le Premier ministre, Olzhas Bektenov, a indiqué que plus de 70% des gisements de pétrole au Kazakhstan se trouvent à un stade avancé d’exploitation. Autrement dit, la majorité des gisements historiques arrivent en fin de cycle productif. Ce chiffre illustre un défi industriel majeur. Les champs matures voient leur rendement décliner progressivement, ce qui oblige à intensifier les techniques de récupération ou à ouvrir de nouveaux gisements. D’où l’importance stratégique des enchères programmés et du renforcement de l’exploration. Dans le sud du pays, le comité de géologie estime qu’environ 1 milliard de tonnes de ressources prospectives de pétrole et de gaz ont été identifiées dans le bassin de Syrdar’ya. Cette estimation massive constitue un levier potentiel pour compenser le déclin des champs vieillissants.

En parallèle, le gouvernement du Kazakhstan a annoncé un programme d’exploration doté de 500 millions de dollars sur trois ans, soit environ 460 millions d’euros, destiné à identifier de nouveaux gisements de pétrole, de gaz et de minéraux. Ce plan s’inscrit dans une stratégie de sécurisation à long terme des ressources énergétiques.

Gaz et pétrole : cap sur le raffinage et un quatrième gisement transformé en carburant

L’enjeu ne se limite pas à l’amont. Le Kazakhstan prépare également une montée en puissance de ses capacités de transformation. Une quatrième raffinerie pourrait voir le jour dès 2027–2028. « C’est un processus très long… Si l’on prend l’exemple de l’extension de la raffinerie de Shymkent, les documents de projet – études préliminaires et études de faisabilité – durent environ deux ans », a expliqué Erlan Akkenjenov.

La capacité potentielle de cette quatrième raffinerie serait de 10 millions de tonnes par an. À l’échelle nationale, le pays vise une capacité totale de raffinage pouvant atteindre 40 millions de tonnes par an, dans le cadre d’une expansion des infrastructures de raffinage et de traitement du gaz.
Cette stratégie intégrée – exploration, adjudication de nouveaux gisements, modernisation des raffineries – traduit une volonté claire : maintenir la compétitivité du Kazakhstan sur le marché international du pétrole et du gaz. En outre, le développement de la pétrochimie et du traitement du gaz vise à créer davantage de valeur ajoutée localement. Dans un secteur énergétique mondial en mutation, marqué par la transition vers l’électrification et les mobilités alternatives, le Kazakhstan semble donc choisir la consolidation de ses fondamentaux fossiles. Toutefois, en rationalisant ses enchères et en renforçant la gouvernance des contrats, le pays cherche aussi à améliorer l’efficacité de son modèle extractif.

Par Rodion Zolkin
Le 03/02/2026

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