Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, a publié une tribune dans le magazine américain The National Interest intitulée « Reliability Is the New Power » (« La fiabilité est la nouvelle force »), dans laquelle il expose sa vision d’un ordre international fondé sur la stabilité, le pragmatisme et le respect du droit, à un moment clé de sa politique extérieure.
Un monde en crise, une confiance qui s’effrite
Dans sa tribune, le président du Kazakhstan constate que « le monde entre dans une ère où la stabilité est l’une des ressources stratégiques les plus rares » face à la multiplication des conflits et à l’intensification des rivalités géopolitiques. Il critique une version de la globalisation devenue, selon lui, trop idéologique et dépourvue de responsabilité, et appelle à un ordre international fondé sur des engagements prédictibles, le respect de la souveraineté et des règles claires plutôt que sur des dogmes abstraits. Kassym-Jomart Tokaïev souligne que cette approche n’est pas isolationniste, mais une forme de maturité politique nécessaire pour répondre aux défis contemporains, alors même que les institutions multilatérales traditionnelles semblent paralysées par la polarisation et le manque de confiance.
Un engagement concret au moment du Conseil de paix
Cette tribune a été publiée juste avant la première réunion du nouveau « Conseil de paix » tenu à Washington les 19 et 20 février 2026, une initiative portée par le président américain Donald Trump et qui vise d’abord à stabiliser la situation dans la bande de Gaza avant d’élargir son rôle à d’autres zones de conflit. Lors de cette réunion inaugurale, plusieurs dirigeants ont participé à ce forum international où ont été dévoilés des engagements concrets pour Gaza :
– Des engagements financiers pour la reconstruction de l’enclave palestinienne, avec plus de 7 milliards de dollars promis par un groupe de pays partenaires.
– La création d’une Force internationale de stabilisation (ISF) à Gaza, à laquelle ont déjà promis de contribuer des pays tels que l’Indonésie, le Maroc, l’Albanie, le Kosovo et le Kazakhstan, avec pour objectif un déploiement initial autour de Rafah.
Dans son discours à Washington, Kassym-Jomart Tokaïev a justement présenté la participation du Kazakhstan comme la traduction de sa vision : une nation prête à agir concrètement pour renforcer la sécurité, la reconstruction et l’avenir économique d’une région en crise.
Le rôle multiple du Kazakhstan
Au-delà des engagements pour Gaza, Kassym-Jomart Tokaïev a profité de sa visite à Washington pour renforcer les relations bilatérales avec les États-Unis. Sur les marges de la réunion, des accords d’investissement ont été signés et des discussions ont eu lieu avec des dirigeants d’entreprises américaines sur des projets de développement stratégique en aviation, agriculture ou infrastructures.
Ainsi, tout en défendant une vision de coopération internationale plus réaliste et fonctionnelle, le président du Kazakhstan montre que le son pays entend également jouer un rôle actif dans les initiatives de paix, non seulement en paroles mais aussi en actes concrets, en contribuant à la fois financièrement, logistiquement et potentiellement avec des moyens humains à la stabilisation de zones de conflit.
Un message à l’heure de grandes tensions
Cette tribune du président du Kazakhstan s’inscrit dans un contexte mondial où la crise de Gaza reste un enjeu majeur de sécurité internationale, mais où des tentatives de repenser la diplomatie multilatérale et les mécanismes de paix sont à l’œuvre. Si les critiques envers le Conseil de paix soulignent parfois l’absence de structure claire et les inquiétudes sur son rôle vis-à-vis de l’ONU, la participation active de pays aussi divers que le Kazakhstan illustre une volonté d’engagement pragmatique face aux défis contemporains.
Kassym-Jomart Tokaïev conclut ainsi sa tribune et son action à Washington en appelant à une coopération fondée non sur l’idéologie, mais sur la fiabilité et la responsabilité, valeurs qu’il veut voir devenir les piliers d’un ordre mondial plus stable et plus juste.
