Au Kazakhstan, le potentiel du secteur des terres rares reste colossal, car l’amont géologique demeure peu exploré, et la chaîne métallurgie-transformation progresse lentement. Néanmoins, l’État relance l’exploration, tandis que des chantiers structurants s’ouvrent pour capter une demande mondiale en plein essor.
Terres rares : un potentiel énorme au Kazakhstan, encore très peu exploré
Le Kazakhstan repositionne ses terres rares au cœur de sa politique industrielle. Parce que le sous-sol reste sous-cartographié, et parce que la métallurgie locale ne valorise encore qu’une fraction de ce potentiel, le gouvernement accélère l’exploration et l’accès aux données, afin de faire des terres rares un pilier de souveraineté minérale au Kazakhstan.
Le Kazakhstan dispose d’un socle géologique très prometteur en terres rares, mais la cartographie fine n’a pas encore couvert tout le territoire ; ainsi, les autorités annoncent une couverture géophysique cumulée de 2,038 million de km² en 2025 et un cap à 2,2 millions de km² d’ici 2026, ce qui demeure inédit pour des terres rares si dispersées dans la roche. Dans le même esprit, 25 zones — à l’échelle 1:50 000 — totalisant 100.000 km² sont en étude, tandis que 38 périmètres prometteurs ont été repérés en 2024, ce qui change l’échelle de l’exploration des terres rares au Kazakhstan.
Ce caractère encore « peu exploré » se double d’un paradoxe industriel : les terres rares ne pèsent que 2,4 à 2,5% dans la métallurgie du pays, alors que la demande mondiale grimpe vivement. En outre, les financements publics cumulés pour la filière métaux rares et terres rares n’ont atteint qu’environ 67 milliards de tengués depuis 2018, ce qui reste modeste au regard des ambitions du Kazakhstan ; cependant, les pouvoirs publics affirment revoir la trajectoire et veulent combler ce retard en amont comme en aval.
Terres rares et métallurgie : faits et chiffres d’une accélération annoncée
Les autorités détaillent la base productive actuelle des terres rares : « Aujourd’hui, le Kazakhstan produit du béryllium, du tantale, du niobium, du scandium, du titane, du rhénium et de l’osmium ; des flux associés permettent d’extraire le bismuth, l’antimoine, le sélénium et le tellure. Des technologies existent aussi pour le gallium et l’indium », a-t-il été dit le 21 août lors d’une réunion gouvernementale sous la présidence du Premier ministre. Cette liste souligne que la métallurgie locale sait déjà générer des métaux stratégiques utiles à l’électronique, à l’aéronautique et aux aimants permanents, donc à des usages clés des terres rares.
Sur l’aval, les priorités s’alignent avec les tendances mondiales : production et recyclage de matériaux pour batteries, alliages réfractaires, semi-conducteurs, et recyclage des aimants permanents à base de terres rares. Car le marché mondial des métaux rares et des terres rares atteint environ 1,6 million de tonnes, avec une demande qui a progressé d’environ 30% par an sur 2023–2024. Ainsi, le Kazakhstan peut viser davantage de valeur ajoutée métallurgie, tout en sécurisant ses terres rares à long terme.
Terres rares : cap sur l’exploration et la filière métallurgie, avec un pilotage renforcé
Sur le plan opérationnel, la feuille de route repose sur l’ouverture des données et l’extension rapide des travaux. Par conséquent, l’accès à l’information géologique est renforcé pour attirer les investisseurs sur les terres rares, tandis que l’exploration est montée en cadence sur 25 zones, avec 38 nouvelles cibles identifiées en 2024. D’ailleurs, un Centre de recherche régional dédié aux métaux rares et terres rares doit voir le jour pour irriguer la métallurgie et la transformation. « À l’issue du conseil, le Premier ministre a ordonné de concentrer les efforts sur l’étude approfondie du sous-sol […] et sur le recyclage des aimants permanents », de quoi ancrer la stratégie terres rares dans la durée.
Même logique budgétaire et industrielle : après des années de sous-investissement, la relance s’organise pour que les terres rares pèsent davantage dans la métallurgie. Aujourd’hui encore, leur part n’atteint qu’environ 2,5%. Néanmoins, la montée en charge de l’exploration et la préparation des usines doivent inverser la tendance, d’autant que la demande mondiale de terres rares s’emballe. Le message est clair : la métallurgie doit intégrer davantage de productions avancées et de recyclage, estime le gouvernement. Avec à la clé, des terres rares mieux valorisées sur le sol kazakhstanais.