La hausse des prix des forfaits data au Kazakhstan commence à modifier les habitudes des consommateurs. Pour la première fois depuis plusieurs années, le nombre d’utilisateurs de l’Internet mobile a reculé après une série d’augmentations tarifaires décidées par les opérateurs, révélant un arbitrage inédit des ménages face au renchérissement des services de télécommunications.
Les opérateurs face à un changement inédit des habitudes des consommateurs
Alors que les forfaits data sont devenus indispensables à la vie quotidienne, leur augmentation progressive semble désormais peser sur les choix des consommateurs. Au Kazakhstan, les dernières statistiques montrent en effet qu’une partie des abonnés a préféré renoncer, au moins temporairement, à l’Internet mobile plutôt que d’accepter la hausse des prix.
Comme le raconte média EnergyProm, cette évolution intervient dans un contexte paradoxal. Le secteur des télécommunications continue d’afficher une croissance soutenue au Kazakhstan, portée par l’expansion des usages numériques. Pourtant, derrière ces bons résultats économiques, les comportements des consommateurs évoluent rapidement, témoignant d’une sensibilité croissante au coût des forfaits mobiles proposés par les opérateurs.
Pendant plusieurs années, le nombre d’abonnés utilisant l’Internet mobile n’avait cessé d’augmenter au Kazakhstan. Cette dynamique s’est brusquement interrompue au début de l’année 2026. Le nombre d’utilisateurs est passé de 19,2 millions à la fin du mois de décembre 2025 à 18,1 millions dès janvier 2026, soit une baisse mensuelle de 5,3%. Le recul s’est poursuivi en février avec 17,8 millions d’abonnés avant qu’une légère reprise ne soit observée au printemps, le total atteignant 18,2 millions d’utilisateurs à fin mai 2026.
Même si cette remontée témoigne d’un certain rééquilibrage du marché, elle ne permet pas de retrouver le niveau enregistré avant les hausses tarifaires. Pour les observateurs du secteur, cette évolution constitue un signal particulièrement intéressant, car elle intervient alors que l’internet mobile est devenu un service essentiel aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises. Jusqu’à présent, les consommateurs avaient généralement absorbé les augmentations successives sans modifier sensiblement leurs usages.
La chronologie des événements attire particulièrement l’attention. Les premiers reculs du nombre d’abonnés coïncident précisément avec les augmentations de prix appliquées sur de nombreux forfaits mobiles. EnergyProm relève notamment qu’en janvier, les offres regroupant appels, SMS et accès internet ont enregistré une hausse moyenne de 8,7% par rapport au mois précédent. En rythme annuel, ces mêmes abonnements affichaient une progression d’environ 10% en mai 2026.
Cette hausse contraste avec l’évolution d’autres services de télécommunications. Le coût des abonnements combinant Internet fixe et télévision n’a progressé que de 2,7% sur un an, tandis que l’accès Internet fixe a enregistré une augmentation de 2,3%. Les opérateurs ont donc davantage relevé les tarifs des services mobiles que ceux des autres segments du marché, ce qui semble avoir accéléré les arbitrages budgétaires des ménages.
Le coût du développement des infrastructures pèse sur les opérateurs kazakhstanais
Cette diminution du nombre d’utilisateurs de l’Internet mobile ne signifie toutefois pas que le secteur des télécommunications traverse une crise. Bien au contraire. Les statistiques publiées par EnergyProm montrent que le marché continue d’enregistrer une croissance solide. Entre janvier et mai 2026, le volume total des services de télécommunications a atteint 638,8 milliards de tenges, soit environ 1,08 milliard d’euros au taux de change actuel. Cela représente une progression annuelle de 7,6%.
Les services mobiles demeurent l’un des principaux moteurs de cette croissance. Après plusieurs années de ralentissement, leur chiffre d’affaires est reparti à la hausse en 2025. Les données doivent toutefois être interprétées avec prudence. Les statistiques nationales ont récemment intégré une nouvelle méthodologie comptable incluant désormais les services d’accès internet haut débit sans fil dans la catégorie des services mobiles. Cette évolution complique les comparaisons directes avec les années précédentes.
En neutralisant cet effet statistique, la progression reste néanmoins significative. Les services mobiles hors internet ont enregistré une croissance corrigée de 7,8% entre les cinq premiers mois de 2025 et la même période de 2026. Cette performance confirme que les opérateurs continuent de bénéficier d’une demande soutenue malgré les ajustements de consommation observés chez certains abonnés.
Les entreprises du secteur expliquent ces augmentations tarifaires par plusieurs facteurs structurels. Elles mettent notamment en avant le coût croissant du développement des infrastructures numériques, la modernisation permanente des réseaux mobiles, les dépenses de maintenance ainsi que les évolutions de la fiscalité nationale. Dans un contexte où les besoins en capacité de réseau augmentent constamment avec la généralisation des usages numériques, les investissements nécessaires demeurent particulièrement importants.
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