Le 7 juillet 2026, BlackRock, gérant de 14.000 milliards de dollars d’actifs, a scellé un partenariat stratégique avec l’Ouzbékistan. Cinq secteurs clés sont visés : intelligence artificielle, data-centers, carburant d’aviation durable, transformation du gaz et centre financier international à Tachkent. Cette alliance marque un tournant pour l’économie ouzbèke en quête de diversification.
BlackRock renforce son engagement en Asie centrale
Le 7 juillet 2026, une rencontre au sommet entre le président ouzbek Shavkat Mirziyoyev et Adebayo Ogunlesi, senior managing director de BlackRock, a scellé un partenariat économique sans précédent pour l’Asie centrale. Le géant américain de la gestion d’actifs, qui administre 14.000 milliards de dollars, s’engage dans cinq secteurs stratégiques : intelligence artificielle, data-centers, carburant d’aviation durable, transformation du gaz en carburant liquide et création d’un centre financier international à Tachkent. Cette alliance marque un tournant pour une économie longtemps dépendante de ses ressources naturelles.
Depuis septembre 2025, BlackRock et l’Ouzbékistan ont créé un fonds d’investissement conjoint, préfigurant cette nouvelle étape. La rencontre du 7 juillet 2026 a permis de formaliser des accords sur quatre à cinq axes majeurs de collaboration. Adebayo Ogunlesi a qualifié l’échange avec le président Mirziyoyev de « productif et substantiel ». Le dirigeant de BlackRock a souligné : « Nous voyons l’Ouzbékistan comme l’une des économies les plus dynamiques d’Asie centrale, la porte d’accès à la région et un pont important reliant l’Est et l’Ouest ». Cette vision géostratégique traduit l’ambition de Tachkent de devenir un hub régional incontournable pour les capitaux occidentaux.
Cinq secteurs clés pour diversifier l’économie ouzbèke
Les domaines d’investissement reflètent les priorités mondiales : technologies émergentes et transition énergétique. L’intelligence artificielle et les data-centers figurent en tête, suivis par le carburant d’aviation durable (SAF), la conversion du gaz en carburant liquide et l’infrastructure financière. « Nous travaillons sur des plans prometteurs d’investissements dans l’intelligence artificielle, les centres de traitement des données et les sociétés qui les géreront. Au centre de notre attention se trouve également la production de carburant d’aviation durable », a précisé Adebayo Ogunlesi. Ces choix s’inscrivent dans une logique de création de chaînes de valeur nouvelles, loin des hydrocarbures traditionnels qui ont longtemps dominé l’économie ouzbèke.
Intelligence artificielle et data-centers : les moteurs de croissance technologique
L’implantation de centres de traitement de données en Ouzbékistan répond à une demande croissante en Asie centrale. Les infrastructures numériques existantes restent limitées, créant une opportunité pour des investissements massifs. Les data-centers génèrent des emplois qualifiés : ingénieurs en informatique, techniciens de maintenance, spécialistes en cybersécurité.
L’intelligence artificielle, quant à elle, nécessite des écosystèmes complets associant recherche, formation et développement applicatif. Tachkent pourrait devenir un pôle d’innovation régional, attirant des talents d’Asie centrale et d’ailleurs. Cette dynamique rappelle celle observée lors de la levée de fonds de Prometheus, qui a mobilisé 12 milliards de dollars pour l’IA industrielle, illustrant l’appétit mondial pour ces technologies.

© Президент Республики Узбекистан
Carburant d’aviation durable : une nouvelle chaîne de valeur énergétique
L’Ouzbékistan a déjà lancé un projet de production de SAF en partenariat avec Vision Invest (Arabie Saoudite) et Air Products (États-Unis). Le carburant d’aviation durable réduit les émissions de CO2 de 70 à 80% par rapport au kérosène classique. Sa fabrication nécessite des installations industrielles lourdes, créant des emplois dans l’ingénierie, la chimie et la logistique. L’Ouzbékistan dispose de réserves gazières importantes, matière première potentielle pour la conversion en carburant liquide via des procédés de synthèse. Cette filière positionne le pays sur un marché en pleine expansion : l’Association internationale du transport aérien (IATA) estime que le SAF représentera 65% du carburant aviation d’ici 2050.
Centre financier international : intégration aux marchés mondiaux
La création d’un centre financier international à Tachkent vise à attirer banques, fonds d’investissement et assureurs. Ce hub faciliterait les transactions transfrontalières, réduirait les coûts de change et améliorerait la liquidité des capitaux. Pour les entreprises ouzbèkes, l’accès à des financements internationaux diversifiés stimulerait la croissance. Le secteur financier génère des emplois à forte valeur ajoutée : analystes, gestionnaires de portefeuille, juristes spécialisés. Dubaï, Singapour ou Hong Kong démontrent l’impact d’un centre financier sur le PIB : entre 12 et 20% dans ces économies. L’Ouzbékistan, avec ses 36 millions d’habitants et sa position géographique, dispose d’atouts comparables.
L’Ouzbékistan, économie dynamique en quête de diversification
Depuis son élection en 2016, Shavkat Mirziyoyev a engagé des réformes structurelles : libéralisation du taux de change, réduction des barrières douanières, privatisations partielles d’entreprises publiques. Le PIB ouzbek a progressé de 5,5% en moyenne annuelle entre 2017 et 2025, selon la Banque mondiale. Le pays cherche à réduire sa dépendance au gaz et au coton, deux piliers historiques. Les secteurs manufacturier, technologique et touristique ont bénéficié d’investissements publics et privés. Cette ouverture attire les capitaux étrangers : l’investissement direct étranger (IDE) a atteint 8,2 milliards de dollars en 2025, contre 3,1 milliards en 2017. BlackRock s’inscrit dans cette tendance, apportant non seulement des fonds mais aussi une expertise en gestion de risques et en gouvernance d’entreprise.
200 entreprises américaines au Tachkent Investment Forum : un signal d’ouverture
Plus de 200 sociétés américaines ont participé au Tachkent International Investment Forum, événement phare pour promouvoir l’économie ouzbèke. Adebayo Ogunlesi a salué cette mobilisation, preuve de l’intérêt croissant des investisseurs occidentaux. Les secteurs représentés incluent l’énergie, l’agroalimentaire, les technologies et les infrastructures. Cette affluence contraste avec la période pré-2016, marquée par l’isolement relatif de l’Ouzbékistan. La présence de BlackRock, acteur dominant de la finance mondiale, légitime Tachkent comme destination d’investissement crédible. Les retombées dépassent le cadre financier : transferts de savoir-faire, normes internationales, intégration aux chaînes de valeur mondiales. L’Ouzbékistan rejoint ainsi des pays comme le Kazakhstan ou l’Azerbaïdjan dans la course à l’attractivité régionale. Cette dynamique rappelle l’engouement pour les actifs alternatifs comme le Bitcoin, qui redéfinissent les stratégies d’investissement.
Les prochains mois détermineront la concrétisation de ces accords. La mise en œuvre des projets d’IA, de data-centers et de SAF nécessitera des cadres réglementaires adaptés, des partenariats technologiques et une montée en compétences locale. L’Ouzbékistan dispose désormais d’un partenaire de poids pour accélérer sa transformation économique. Reste à savoir si cette alliance transformera durablement la région en hub technologique et financier d’Asie centrale.
