Le Kirghizstan mise sur les géoparcs pour faire de ses paysages un moteur du tourisme
Le Kirghizstan mise sur les géoparcs pour faire de ses paysages un moteur du tourisme

Le parlement kirghiz vient d’adopter une législation inédite destinée à créer un véritable réseau national de géoparcs. Derrière cette réforme se dessine une stratégie ambitieuse : mieux protéger un patrimoine géologique exceptionnel tout en faisant du tourisme durable un levier de développement économique pour les régions.

Les géoparcs, un nouvel atout touristique pour le Kirghizstan

Des canyons aux grottes, en passant par les gisements paléontologiques, le Kirghizstan entend valoriser des sites encore largement méconnus. Les autorités espèrent ainsi attirer davantage de visiteurs tout en impliquant les populations locales dans la gestion de ces futurs espaces.

Cette initiative intervient alors que le pays cherche à diversifier son offre touristique. Si les lacs de montagne, les sommets du Tian Shan et les traditions nomades attirent déjà de nombreux voyageurs, les richesses géologiques restent largement sous-exploitées malgré leur potentiel considérable.

Le Kirghizstan mise sur les géoparcs pour faire de ses paysages un moteur du tourisme

Le projet de loi est porté par les députés Kamila Talieva et Marlen Mamataliyev. Selon ses auteurs, le Kirghizstan possède un patrimoine géologique exceptionnel composé de canyons, de grottes, de falaises, de formations rocheuses spectaculaires et de nombreux sites paléontologiques qui ne bénéficient aujourd’hui d’aucun statut de protection adapté.

Jusqu’à présent, les géoparcs étaient assimilés aux aires naturelles protégées classiques. Les parlementaires estiment toutefois que cette approche ne répond pas à leurs spécificités. Les réserves naturelles privilégient avant tout la conservation de la biodiversité et limitent fortement les activités humaines. Les géoparcs poursuivent une logique différente : ils protègent des sites géologiques tout en permettant le développement d’activités économiques compatibles avec leur préservation.

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Selon Kamila Talieva, les géoparcs visent à promouvoir le patrimoine géologique tout en autorisant une activité économique respectueuse de l’environnement, impliquant les communautés locales et favorisant les petites entreprises ainsi que l’artisanat dans une logique de développement durable. Cette philosophie correspond au modèle développé depuis plusieurs années par l’UNESCO. Le Réseau mondial des géoparcs compte aujourd’hui 195 sites répartis dans 48 pays, démontrant qu’il est possible de concilier protection du patrimoine, développement touristique, recherche scientifique et création d’emplois locaux.

Le Kirghizstan mise sur les géoparcs pour faire de ses paysages un moteur du tourisme

Les géoparcs, une façon de dynamiser l’économie des régions

Au-delà de la protection de la nature, les députés voient dans les géoparcs un outil de développement économique. Les visiteurs ne viennent pas uniquement admirer des paysages ; ils consomment des services, séjournent dans les hébergements locaux, fréquentent les restaurants, achètent des produits artisanaux et font appel aux guides de montagne. Cette approche doit permettre aux régions rurales de mieux tirer parti de leurs ressources naturelles sans les surexploiter. Les petites entreprises, les artisans, les producteurs locaux et les opérateurs touristiques figurent parmi les principaux bénéficiaires potentiels de cette réforme.

Lors des débats parlementaires, plusieurs élus ont insisté sur l’importance d’étendre cette politique à l’ensemble du pays. La députée Makhabat Mavlyanova a notamment rappelé que les montagnes couvrent 94% du territoire kirghiz, estimant que chaque district pourrait, à terme, disposer de son propre géoparc si son patrimoine géologique le justifie. Elle considère que cette stratégie offrirait de nouvelles sources de revenus aux habitants tout en renforçant l’attractivité touristique des territoires.

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Le pays dispose déjà d’un exemple concret avec le géoparc de Madygen. Créé par décision des autorités régionales, il souffrait toutefois de l’absence d’une législation nationale, ce qui limitait son accès aux financements, sa reconnaissance internationale et ses perspectives d’intégration au réseau mondial soutenu par l’UNESCO. La nouvelle loi doit précisément combler cette lacune.

Par Païsiy Ukhanov
Le 06/27/2026

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