L’Ouzbékistan attire dix entreprises japonaises pour créer une zone industrielle de 500 millions de dollars près de Samarcande. Le projet vise à réduire le chômage et développer les territoires ruraux grâce à une spécialisation économique ciblée.
Samarcande se transforme grâce à un partenariat industriel japonais de 500 millions de dollars
Dix entreprises japonaises investiront conjointement 500 millions de dollars dans une nouvelle zone industrielle près de Samarcande, selon les annonces faites lors d’une réunion présidée par le président ouzbek, Shavkat Mirziyoyev, le 10 juin 2026. Le projet s’étendra sur 100 hectares dans le district de Narpay. Les entreprises japonaises, dont l’identité reste confidentielle, se concentreront sur la production de biens à forte valeur ajoutée. Une orientation stratégique qui traduit l’ambition ouzbèke de renforcer sa position sur les chaînes de valeur industrielles mondiales.
Réduire les inégalités territoriales par l’industrie
L’implantation industrielle répond à un défi économique urgent dans la région de Samarcande. Les districts de Narpay, Koshrabad, Pakhtachin, Kattakurgan ainsi que la ville de Kattakurgan ne génèrent actuellement que 10% de la production industrielle de l’oblast, malgré une forte densité démographique. Le taux de chômage y dépasse la moyenne régionale, de même que les indicateurs de pauvreté.
Les autorités ouzbèkes tablent sur des résultats concrets : une baisse de 3% du taux de chômage et de 2% du niveau de pauvreté dans les territoires les plus touchés. Chaque district recevra une spécialisation économique dédiée pour transformer la géographie productive régionale.
Une carte économique redessinée par spécialisation
La stratégie gouvernementale redessine l’organisation territoriale autour de pôles de compétences. Les districts de Bulungur, Koshrabad, Pakhtachin et Kattakurgan privilégieront l’agriculture, l’élevage et l’horticulture. Le district d’Akdarya développera l’aviculture, l’industrie textile et la transformation agroalimentaire.
Le district de Narpay et la ville de Kattakurgan endosseront le rôle de centres industriels et de services, accueillant notamment la nouvelle zone industrielle japonaise. Six districts visent une progression des exportations de 20%, soulignant la dimension internationale du projet.
Un écosystème d’investissement qui prend forme
L’initiative japonaise s’inscrit dans une dynamique d’investissement plus large. En juillet 2026, les autorités ont dévoilé 14 nouveaux projets totalisant 1,2 milliard de dollars, susceptibles de créer 12.000 emplois et de générer 82 millions de dollars de recettes d’exportation.
Le district de Nurabadh accueillera une zone industrielle spécialisée de 115 hectares avec 472 millions de dollars d’invesissements programmés. Un investisseur chinois engagera 40 millions de dollars dans l’extraction et la transformation du granit dans le district de Kushrabad, tandis qu’une usine biopharmaceutique de 100 millions de dollars s’implantera à Bulungur.
Le patrimoine historique au service du développement touristique
Parallèlement à l’industrialisation, Samarcande mise sur son héritage historique pour dynamiser le tourisme. Les statistiques révèlent une progression de 27,3% du nombre de visiteurs étrangers en Ouzbékistan depuis le début de l’année, avec 5,4 millions de personnes accueillies.
Les autorités visent 20 millions de touristes et 10 milliards de dollars d’exportations de services touristiques. Treize rues du centre historique de Samarcande deviendront piétonnes, tandis que la capacité d’hébergement régionale atteindra 850 établissements pour 20.000 chambres.
Un financement public massif pour accompagner les mutations
L’ampleur des transformations impose des investissements infrastructurels considérables. Le gouvernement allouera 1,2 billion de soums (environ 100 millions de dollars) aux équipements sociaux, à la réfection routière, à la modernisation des réseaux d’eau et d’assainissement, ainsi qu’au soutien des projets industriels.
Un fonds spécialisé sera créé au niveau régional pour financer la construction et la rénovation d’infrastructures sociales. Son financement proviendra des économies réalisées dans les programmes de développement socio-économique régional, privilégiant une logique d’autofinancement.
Les projets urbains complètent l’ensemble avec la transformation du quartier Kimyogarlar en zone résidentielle moderne et l’extension du complexe « Yangi O’zbekiston » dans le district de Bulungur. L’engagement japonais dans la région de Samarcande illustre une approche intégrée combinant spécialisation territoriale, attraction d’investissements étrangers et développement infrastructurel pour bâtir un modèle de croissance durable.
