Le LRT d’Astana entre enfin en service
Le LRT d’Astana entre enfin en service

Après plus d’une décennie de retards, de scandales et d’incertitudes, le LRT d’Astana entre enfin en service. Ce nouveau réseau de transport automatisé, censé transformer la mobilité dans la capitale kazakhstanaise, suscite déjà autant d’enthousiasme que de critiques, entre affluence record et usages inattendus.

À Astana, une mise en service du LRT très attendue

Le 16 mai 2026, le LRT d’Astana est devenu officiellement opérationnel dans la capitale, après des années d’attente. Long de 22,4 kilomètres, ce premier tronçon relie l’aéroport international à la gare Nurly Zhol en environ 40 minutes, avec des rames circulant toutes les cinq à six minutes.

Ce lancement, inauguré par le président du Kazakhstan, constitue l’aboutissement d’un projet ambitieux, pensé dès le début des années 2010 pour moderniser les transports urbains. En théorie, le système peut atteindre une vitesse de 80 km/h et transporter jusqu’à 600 passagers par rame. Le réseau comprend 18 stations réparties entre sections aériennes et au sol.

Mais derrière cette inauguration en grande pompe, l’histoire du LRT d’Astana est loin d’être linéaire. Le chantier a été marqué par de nombreux retards, des difficultés de financement et plusieurs scandales de corruption ayant conduit à des condamnations judiciaires. Le coût global du projet atteint environ 1,8 milliard de dollars, soit près de 1,65 milliard d’euros, tandis qu’une dette de 460 millions de dollars (environ 423 millions d’euros) reste en suspens.

Le LRT d’Astana entre enfin en service

© Akorda

LRT d’Astana : un système moderne mais encore imparfait

Sur le papier, le LRT d’Astana s’inscrit dans la tendance mondiale des transports urbains automatisés. L’ensemble du système – accélération, freinage, ouverture des portes – est entièrement piloté par des algorithmes, ont indiqué les autorités. Cependant, la réalité opérationnelle révèle certaines limites. Contrairement à d’autres réseaux entièrement autonomes, celui d’Astana mobilise encore de nombreux agents : du personnel est toujours présent dans les rames et les stations. Une organisation qui pourrait peser sur les coûts d’exploitation à long terme.

Dès les premiers jours, plusieurs dysfonctionnements ont été signalés. L’une des stations n’était pas prête à accueillir les passagers lors de l’ouverture. Par ailleurs, l’affluence a rapidement dépassé les prévisions. Le 17 mai 2026, le réseau a transporté 100.000 passagers en une seule journée, dépassant sa capacité théorique.

Enfin, le comportement des usagers a surpris les autorités. Certains passagers ont activé les boutons d’arrêt d’urgence par simple curiosité, provoquant des interruptions temporaires du service. Un phénomène révélateur d’un manque d’habitude face à ce type d’infrastructure.

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© Akorda

Le LRT, entre promesses écologiques et contraintes économiques

Le développement du LRT répond à des enjeux majeurs pour la capitale kazakhstanaise. D’une part, il vise à réduire la congestion routière dans une ville en forte croissance. D’autre part, il s’inscrit dans une logique de transition écologique, en proposant une alternative aux transports individuels motorisés. En outre, le système se veut innovant dans son approche des services aux passagers. Le paiement peut s’effectuer via cartes de transport, QR codes, NFC ou encore reconnaissance faciale. Une modernité qui place Astana dans le peloton des villes expérimentant les technologies urbaines avancées.

Cependant, ces avantages s’accompagnent de contraintes significatives. Le coût d’investissement, déjà élevé, continue de peser sur les finances publiques. En 2026, 66,7 milliards de tenges supplémentaires (environ 135 millions d’euros) ont été alloués au projet. Par ailleurs, la dette obligataire de plusieurs centaines de millions de dollars pourrait nécessiter un refinancement à moyen terme.

Le LRT d’Astana entre enfin en service

© Akorda

À cela s’ajoute la question des coûts d’exploitation. Contrairement aux systèmes entièrement automatisés, le recours massif à du personnel humain pourrait réduire les gains attendus en matière d’efficacité économique.

Malgré ces défis, les autorités kazakhes voient dans le LRT un levier pour le développement urbain d’Astana. Des extensions du réseau sont déjà envisagées, notamment vers d’autres quartiers et vers la gare Astana-1.

Par Rodion Zolkin
Le 05/20/2026

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