Le Kazakhstan révolutionne le contrôle routier avec la mesure de la vitesse moyenne
Kazakhstan : davantage d’infractions seront sanctionnées automatiquement via des caméras

Au Kazakhstan, le Code de la route connaît une révolution technologique majeure avec l’introduction de la mesure de la vitesse moyenne, des caméras furtives et l’encadrement des trottinettes électriques. Ces changements préfigurent l’évolution mondiale des réglementations automobiles vers un contrôle plus technologique.

Au Kazakhstan, la mesure de la vitesse moyenne transforme le contrôle routier

Le Code de la route kazakhstanais traverse une métamorphose profonde qui dessine les contours de l’évolution réglementaire automobile mondiale. Au cœur de cette révolution réglementaire s’impose l’introduction du concept de « vitesse moyenne » dans l’arsenal législatif. Cette technologie, éprouvée sur les réseaux européens, procède désormais au calcul du temps de parcours entre deux stations de contrôle pour identifier les infractions de vitesse. L’époque des accélérations suivies de freinages opportunistes devant les radars s’achève définitivement.

Conformément aux nouvelles prescriptions, la constatation du dépassement de vitesse maximale autorisée s’effectue « par détection, fixation ou calcul de la vitesse moyenne du véhicule au moyen d’équipements techniques de contrôle et de mesure certifiés fonctionnant en mode automatique ». L’introduction du terme « détection » aux côtés de la « fixation » traditionnelle élargit considérablement l’éventail des moyens de contrôle à disposition des autorités.

Caméras furtives : la fin des panneaux d’avertissement

Concomitamment, le code de la route kazakh abolit l’obligation d’installation des panneaux d’avertissement précédant les caméras de contrôle. Le panneau 5.42 « Photovideofixation » devient facultatif, autorisant les autorités à déployer des systèmes de surveillance discrets sur l’intégralité du maillage routier. Cette mesure s’inspire des méthodologies britanniques et néerlandaises, où les caméras non signalées constituent un instrument dissuasif éprouvé.

Cette évolution induit une transformation psychologique majeure pour les conducteurs, accoutumés à moduler leur comportement aux abords des zones de contrôle visibles. L’objectif poursuivi vise une modification pérenne des habitudes de conduite plutôt qu’un simple ajustement temporaire de l’allure. Cette approche rappelle les enjeux soulevés par les nouveaux contrôles anti-triche dans l’apprentissage du code de la route.

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Droits renforcés des conducteurs lors des contrôles

Paradoxalement, ces dispositifs répressifs s’accompagnent d’une consolidation des prérogatives des automobilistes. Les nouvelles dispositions imposent aux forces de l’ordre des obligations rigoureuses lors des interpellations routières : approche immédiate du véhicule intercepté, présentation obligatoire de la carte de service sur demande sans transmission physique, explicitation claire des motifs d’arrêt, et présentation des preuves visuelles en cas d’infraction automatiquement détectée.

Cette dernière disposition constitue une avancée remarquable : toute infraction captée par un système automatique impose à l’agent la présentation immédiate de l’enregistrement photographique ou vidéographique au conducteur. Cette transparence répond aux critiques récurrentes concernant l’opacité des procédures de verbalisation automatique.

Électromobilité urbaine : les trottinettes électriques désormais encadrées

L’adaptation du Code de la route kazakhstanais intègre également les nouveaux vecteurs de transport urbain. Les trottinettes électriques sortent définitivement du flou réglementaire grâce à un cadre normatif précis : sur les voies de circulation, l’âge minimal requis s’établit à 18 ans avec obligation de détenir un permis de conduire, toute catégorie confondue. Sur les trottoirs, la vitesse maximale autorisée se limite à 6 km/h, avec obligation de descendre de l’engin lors d’affluence piétonne importante.

Cette réglementation cristallise l’expérience accumulée dans les métropoles européennes confrontées à la prolifération des nouveaux véhicules électriques individuels. L’harmonisation réglementaire internationale s’impose face à ces défis de mobilité urbaine contemporaine.

Extension des privilèges pour les véhicules prioritaires

Les modifications s’étendent aux véhicules d’intervention avec l’incorporation des gyrophares rouges aux obligations de cession de passage. Précédemment circonscrite aux véhicules équipés de signaux bleus, cette obligation englobe désormais l’ensemble des véhicules de secours, notamment les services d’incendie dotés de gyrophares rouges.

Parallèlement, la nomenclature des véhicules autorisés à utiliser les gyrophares orange s’enrichit considérablement. Les groupes mobiles des organes fiscaux obtiennent cette prérogative lors des contrôles routiers, tandis que les services municipaux de contrôle du stationnement payant intègrent cette catégorie privilégiée. Cette évolution rappelle les problématiques d’identification des véhicules officiels, à l’image des flous juridiques concernant les plaques d’immatriculation des motards.

Renforcement du contrôle technique post-accident

L’innovation technologique imprègne également le contrôle technique avec l’instauration d’un système numérique unifié. Tout véhicule impliqué dans un sinistre aux dommages significatifs prohibant la circulation doit impérativement subir un nouveau contrôle technique. La vérification de cette obligation s’opère automatiquement via le système numérique national, prévenant toute remise en circulation non conforme.

Cette mesure consolide la sécurité routière en garantissant le retour à la conformité technique des véhicules accidentés avant leur remise en circulation. Cette approche préventive s’inspire des meilleures pratiques internationales en matière de sécurité automobile.

Par Païsiy Ukhanov
Le 05/07/2026

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