Le Kazakhstan accélère sa stratégie d’attractivité internationale avec son visa de nomade numérique. Depuis son lancement, 120 étrangers ont déjà franchi le pas.
Nomade numérique au Kazakhstan : un programme ciblé principalement sur les talents IT
En janvier 2025, le Kazakhstan a lancé un programme spécifique destiné aux travailleurs à distance : le visa de nomade numérique. Cette initiative s’inscrit dans une politique plus large visant à diversifier l’économie et attirer des compétences étrangères dans les technologies de l’information. À ce jour, 120 ressortissants étrangers ont déjà obtenu ce statut, a annoncé le gouvernement lors d’une table ronde qui s’est tenue à l’Astana Hub le 18 avril 2026.
Le visa de nomade numérique kazakhstanais ne s’adresse pas à tous les profils. Dès sa conception, le programme a été pensé pour attirer principalement des spécialistes du secteur technologique. Ainsi, selon la plateforme Astana Hub, seuls les professionnels qualifiés dans les métiers du numérique peuvent prétendre à ce statut. Développeurs, ingénieurs logiciels, spécialistes en cybersécurité ou encore experts en data font partie des profils recherchés. Pour les pouvoirs publics, il s’agit de renforcer l’écosystème technologique local et soutenir la croissance du secteur IT. Cette orientation sélective distingue le Kazakhstan de certains pays qui ouvrent leurs programmes à un public plus large de travailleurs indépendants.
Le dispositif repose sur une logique d’intégration progressive. Contrairement à un simple visa temporaire, il offre une perspective d’installation durable. Ce statut permet en effet d’engager une procédure vers l’obtention d’un permis de résidence permanente. Une évolution majeure pour les candidats souhaitant s’installer sur le long terme.
Comment candidater au visa de nomade numérique et s’installer au Kazakhstan ?
La procédure de candidature a été largement numérisée. Les autorités kazakhstanaises ont mis en place un processus en ligne afin de simplifier les démarches administratives. Les candidats doivent soumettre leur dossier via la plateforme www.egov.kz, il est ensuite examiné par les institutions compétentes.
Première étape : démontrer ses compétences professionnelles. Les candidats doivent fournir des preuves tangibles de leur expertise dans leur domaine. Cela peut inclure diplômes, expériences professionnelles ou projets réalisés. Cette exigence vise à garantir la qualité des profils admis dans le programme.
Ensuite, le dossier est évalué. Les autorités analysent la conformité des informations fournies ainsi que l’adéquation du profil avec les besoins du marché kazakh. Ce processus de sélection constitue un filtre essentiel pour maintenir le niveau d’exigence du programme.
Enfin, une fois validée, la candidature ouvre l’accès au visa de nomade numérique. Celui-ci permet de résider légalement dans le pays tout en exerçant une activité professionnelle à distance. Il s’agit donc d’un statut hybride, à mi-chemin entre mobilité internationale et installation durable.
Nomade numérique : une stratégie d’attractivité encore en construction
Avec 120 bénéficiaires recensés, le programme en est encore à ses débuts. Toutefois, ce chiffre constitue un indicateur encourageant pour les autorités. En effet, le Kazakhstan évolue dans un environnement concurrentiel. De nombreux pays ont lancé des dispositifs similaires pour attirer les travailleurs à distance. Dans ce contexte, la spécificité du modèle kazakh repose sur son orientation vers les talents IT et sur la possibilité d’une installation à long terme.
Par ailleurs, le rôle d’acteurs comme Astana Hub s’avère central. Cette plateforme agit comme un point d’entrée pour les candidats et participe à la structuration de l’écosystème numérique local. Elle contribue également à promouvoir le programme à l’international.
Cependant, plusieurs défis subsistent. La notoriété du dispositif reste encore limitée à l’échelle mondiale. De plus, le nombre de bénéficiaires demeure relativement faible comparé à d’autres pays ayant lancé des visas similaires. Le développement du programme dépendra donc de la capacité du Kazakhstan à renforcer sa visibilité et à simplifier encore davantage les démarches.
Enfin, l’enjeu dépasse la simple attractivité. Il s’agit aussi de retenir les talents sur le long terme. La possibilité d’obtenir un permis de résidence permanente constitue un levier important, mais elle devra s’accompagner d’autres mesures pour favoriser l’intégration des expatriés.
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