Kazakhstan : quels secteurs tirent la croissance de 3% en 2026 ?
l'économie du Kazakhstan

Au premier trimestre 2026, le Kazakhstan affiche une croissance de 3% de son PIB. Derrière ce chiffre modéré, une transformation profonde se dessine : l’économie du pays repose de moins en moins sur les hydrocarbures et de plus en plus sur des secteurs diversifiés, portés par l’investissement et la demande intérieure.

Kazakhstan : une croissance tirée par les secteurs non pétroliers et le commerce

Le 14 avril 2026, le gouvernement du Kazakhstan oa annoncé une progression de 3% du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre. Une performance jugée solide dans un contexte international incertain, mais qui marque aussi un ralentissement par rapport aux dynamiques observées en 2025. Surtout, cette croissance révèle un basculement structurel. Désormais, le moteur économique ne se trouve plus dans le secteur extractif, historiquement dominant, mais dans des activités non pétrolières en pleine expansion.

Le principal enseignement de ce début d’année tient à la montée en puissance des secteurs non extractifs. « La croissance du PIB réel a atteint 3 % sur cette période », a déclaré le Premier ministre, Olzhas Bektenov. Mais, fait notable, cette progression repose sur des bases nouvelles. En effet, selon les autorités, « la croissance est assurée par le développement soutenu du secteur non extractif ». Autrement dit, l’économie du Kazakhstan se diversifie progressivement, réduisant sa dépendance aux matières premières.

Le commerce apparaît comme l’un des moteurs les plus dynamiques. Il affiche une hausse de 4,8%, portée par la consommation intérieure et les échanges régionaux. Cette progression s’inscrit dans un contexte de reprise de la demande, mais aussi d’amélioration des chaînes logistiques.

Dans le même temps, le secteur des services enregistre une croissance de 3,7 %, confirmant son rôle central dans la transformation économique. Ce dynamisme traduit une tertiarisation progressive de l’économie, phénomène encore récent dans le pays.

Industrie, construction et investissements au cœur de la croissance au Kazakhstan

Parallèlement, l’industrie manufacturière s’impose comme un pilier de la croissance. Elle bénéficie à la fois de politiques publiques de soutien et d’investissements soutenus. Cette orientation stratégique vise à renforcer la valeur ajoutée locale. Le secteur de la construction illustre particulièrement cette dynamique. Il affiche une progression spectaculaire de 14,8%. Cette hausse est liée à de grands projets d’infrastructures, mais aussi à une activité immobilière en expansion.

Les investissements jouent un rôle déterminant dans cette évolution. Ils augmentent de 6,4% pour atteindre 3,5 trillions de tenges, soit environ 7 milliards d’euros. Ce flux financier alimente directement les secteurs productifs et soutient la modernisation de l’économie.

D’ailleurs, cette stratégie d’investissement s’accompagne d’une volonté de modernisation technologique. La croissance repose sur « le développement de l’industrie manufacturière, l’activité d’investissement et la modernisation technologique », confirmant l’orientation vers une économie plus diversifiée.

Kazakhstan : le recul du secteur pétrolier freine la croissance globale

Toutefois, cette transformation ne se fait pas sans heurts. Le secteur extractif, longtemps moteur de l’économie, connaît un net recul. La production minière chute de 11,4%, tandis que celle du pétrole diminue de 19,8%. Ce repli pèse mécaniquement sur la croissance globale. Le ralentissement économique s’explique en grande partie par « la baisse du secteur extractif, notamment pétrolier », un phénomène qui contraste avec la vitalité des autres branches.

Cette situation met en lumière la vulnérabilité persistante du Kazakhstan aux fluctuations de la production énergétique. Néanmoins, elle souligne également les progrès réalisés en matière de diversification économique.

Kazakhstan : une économie en mutation vers un modèle plus équilibré

Ainsi, le Kazakhstan entre dans une phase de transition économique. Le secteur non extractif devient progressivement la principale source de croissance. Cette évolution traduit une volonté politique claire de réduire la dépendance aux ressources naturelles. Dans ce contexte, la croissance de 2,1% du secteur réel et de 3,7% des services, témoigne d’un rééquilibrage progressif entre les différentes composantes de l’économie.

Cependant, cette mutation reste fragile. Le ralentissement global à 3%, après une année 2025 plus dynamique, montre que le pays doit encore consolider ses nouveaux moteurs de croissance. L’enjeu est désormais d’inscrire cette transformation dans la durée, en poursuivant les investissements et en renforçant les secteurs à forte valeur ajoutée.

Par Rodion Zolkin
Le 04/17/2026

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