L’Ouzbékistan a décidé de créer un registre national des personnes impliquées dans des violences contre les femmes et les enfants, une initiative présentée comme un outil inédit pour prévenir les récidives et renforcer la protection des victimes.
Un registre national pour prévenir les récidives
Début mars 2026, l’Ouzbékistan a engagé une série de réformes visant à mieux prévenir et sanctionner les violences visant les femmes et les enfants. Le président du pays a signé un décret qui introduit notamment la création d’un registre national recensant les personnes impliquées dans ces violences, une mesure destinée à améliorer la prévention et la surveillance des auteurs. Cette initiative s’inscrit dans une politique plus large de tolérance zéro face aux violences domestiques. Les autorités souhaitent renforcer les mécanismes de protection des victimes, améliorer la coordination entre les institutions et dissuader les auteurs potentiels grâce à un suivi plus strict.
La réforme prévoit la création d’un registre national des personnes reconnues coupables de violences ou de pressions contre les femmes et les enfants. Cette base de données doit permettre aux autorités de mieux identifier les individus présentant un risque de récidive et d’organiser un suivi plus efficace. Concrètement, ce registre rassemblera les personnes ayant exercé des violences physiques, psychologiques ou des menaces envers des femmes ou des mineurs. Les informations seront accessibles aux forces de l’ordre et aux autorités judiciaires afin de faciliter les enquêtes et la prévention.
L’objectif affiché par les autorités est clair : empêcher que les agresseurs puissent agir à nouveau en toute impunité. En identifiant rapidement les personnes déjà impliquées dans des affaires de violences, les institutions pourront surveiller plus étroitement les situations à risque et intervenir plus rapidement lorsque des signaux d’alerte apparaissent.
Cette approche préventive marque une évolution importante dans la politique publique de lutte contre les violences intrafamiliales en Ouzbékistan. Elle s’appuie sur l’idée que la prévention et le suivi des auteurs peuvent réduire durablement les agressions et protéger plus efficacement les victimes potentielles.
Violences intrafamiliales : une stratégie de tolérance zéro
La création de ce registre s’inscrit dans un ensemble plus large de mesures adoptées par le gouvernement pour renforcer la lutte contre les violences. Un décret présidentiel signé le 3 mars 2026 prévoit notamment un durcissement des sanctions pour les violences contre les femmes ainsi que pour les crimes sexuels visant les mineurs. Les autorités veulent également améliorer la coordination entre les services de police, les procureurs et les institutions sociales. Cette coopération renforcée doit permettre d’identifier plus tôt les situations de danger et d’apporter un soutien plus rapide aux victimes.
Par ailleurs, certaines procédures judiciaires vont évoluer. À partir du 1er novembre 2026, les enquêtes préliminaires concernant plusieurs crimes sexuels, notamment le viol et les actes sexuels contre des mineurs, seront transférées au parquet. Cette mesure vise à renforcer la qualité des investigations et la coordination entre les services chargés des poursuites.
L’ensemble de ces réformes traduit la volonté des autorités d’établir une politique de tolérance zéro face aux violences. Le président ouzbek a ainsi déclaré que toute personne levant la main contre une femme ou un enfant devra répondre pleinement de ses actes.
Violences domestiques : un enjeu social majeur en Ouzbékistan
Les nouvelles mesures répondent à une préoccupation croissante dans la société ouzbèke. Les autorités ont progressivement renforcé la législation afin de mieux reconnaître et sanctionner les violences domestiques. Les données officielles illustrent l’ampleur du phénomène. Au cours du premier semestre 2025, plus de 6.000 personnes ont été poursuivies pour harcèlement ou violences domestiques dans le pays. Ces chiffres ont contribué à accélérer la mise en place de nouvelles politiques publiques.
Les réformes engagées ne se limitent pas à la création d’un registre. Les autorités souhaitent également renforcer les programmes de sensibilisation, améliorer les mécanismes de signalement et développer les structures d’aide aux victimes.
Dans cette perspective, les institutions sociales, les forces de l’ordre et les autorités judiciaires sont appelées à coopérer plus étroitement. L’objectif est de créer un environnement où les violences ne sont plus tolérées et où les victimes peuvent trouver rapidement protection et soutien.
Ouzbékistan : un renforcement progressif de la protection des femmes et des enfants
La réforme actuelle s’inscrit dans un processus de transformation plus large engagé ces dernières années en Ouzbékistan. Le gouvernement a progressivement introduit de nouvelles lois pour renforcer les droits des femmes et améliorer la protection des enfants.
Ces mesures incluent notamment des dispositifs de prévention des mariages précoces et des programmes destinés à mieux accompagner les victimes de violences. Plusieurs institutions publiques ont également été mobilisées afin de renforcer la sensibilisation au sein de la société. La création du registre national des auteurs de violences constitue ainsi une nouvelle étape dans cette politique. Elle doit permettre d’identifier plus rapidement les situations à risque et de limiter les récidives.
Pour les autorités, cette réforme représente un outil essentiel dans la construction d’un système de protection plus efficace. Elle vise à garantir que les femmes et les enfants puissent vivre dans un environnement plus sûr et que les actes de violence soient systématiquement sanctionnés.
