Pétroliers visés en mer Noire : Astana exprime sa vive inquiétude
Pétroliers visés en mer Noire : Astana exprime sa vive inquiétude

Le Kazakhstan a exprimé sa préoccupation après des attaques visant des pétroliers en mer Noire, à proximité d’une infrastructure stratégique d’exportation de pétrole. Pour Astana, ces incidents dépassent le cadre militaire du conflit russo-ukrainien et menacent directement la sécurité énergétique internationale, alors même que le pays affirme sa neutralité et son rôle stabilisateur sur les marchés.

Attaque contre les pétroliers : le Kazakhstan rappelle ne pas être impliqué dans la guerre Russie-Ukraine

Le 13 janvier 2026, deux pétroliers liés aux exportations de pétrole du Kazakhstan ont été touchés par des attaques de drones en mer Noire, près du terminal du Caspian Pipeline Consortium. Rapidement, le ministère des Affaires étrangères du Kazakhstan a réagi, soulignant les risques que ces événements font peser sur les navires civils, les chaînes logistiques et l’approvisionnement énergétique mondial, dans un contexte de guerre Russie-Ukraine toujours plus instable.

La réaction d’Astana a été immédiate. Selon le ministère des Affaires étrangères du Kazakhstan, les attaques contre des pétroliers civils constituent une ligne rouge, car elles exposent un pays tiers non impliqué militairement. Ainsi, le ministère a rappelé que le Kazakhstan « n’est partie à aucun conflit armé » et qu’il contribue activement à la stabilité énergétique mondiale, a fait savoir le ministère. Par conséquent, Astana estime que ces actions contre des navires commerciaux sont incompatibles avec les normes du droit international.

Dans ce contexte, le Kazakhstan a engagé des démarches diplomatiques. Des consultations urgentes ont été organisées avec plusieurs partenaires étrangers, notamment européens et nord-américains. L’objectif affiché est clair : alerter sur les risques croissants qui pèsent sur les pétroliers transitant par la mer Noire et exiger des garanties pour la sécurité des navires transportant du pétrole kazakhstanais. Selon le ministère, ces attaques fragilisent un corridor maritime essentiel, alors que le Kazakhstan demeure l’un des principaux fournisseurs de pétrole de nombreux États.

La mer Noire, nouveau terrain de bataille dans la guerre Russie-Ukraine

Les faits se sont produits le 13 janvier 2026. Deux pétroliers, identifiés comme le « Matilda » et le « Delta Harmony », ont été visés par des drones alors qu’ils se dirigeaient vers le terminal maritime du Caspian Pipeline Consortium, situé près de Novorossiysk, sur la côte russe de la mer Noire. Selon les informations de Reuters, les attaques ont eu lieu sur les routes d’accès au terminal, un point névralgique pour l’exportation du pétrole kazakhstanais vers les marchés internationaux.

Les autorités kazakhstanaises ont précisé que les pétroliers étaient vides au moment des attaques. Aucun blessé n’a été signalé parmi les équipages et les navires n’ont pas subi de dégâts critiques. Toutefois, même sans conséquences humaines immédiates, l’incident est jugé grave. En effet, il démontre la vulnérabilité persistante des navires civils dans une zone affectée par les opérations militaires liées à la guerre Russie-Ukraine.

Ces attaques s’inscrivent dans une série d’actions similaires observées ces derniers mois en mer Noire. Selon plusieurs médias russes et internationaux, des drones ont déjà été utilisés contre des infrastructures portuaires et énergétiques. Toutefois, la particularité de cet épisode réside dans le fait que les pétroliers concernés transportent, ou sont destinés à transporter, du pétrole appartenant à un État tiers, en l’occurrence le Kazakhstan.

Pétrole : le Kazakhstan rappelle être un fournisseur stratégique pour l’Europe

Pour le Kazakhstan, la question dépasse largement l’incident ponctuel. Le pays insiste sur son rôle stratégique dans l’approvisionnement en pétrole, notamment vers l’Europe. Le terminal du Caspian Pipeline Consortium, par lequel transitent une part majeure des exportations kazakhes, constitue un maillon essentiel de cette chaîne. Toute attaque contre des pétroliers ou des navires approchant cette infrastructure est perçue comme une menace directe contre la sécurité énergétique globale.

Dans son communiqué, le ministère des Affaires étrangères du Kazakhstan a souligné que le pays « assure la continuité des approvisionnements en énergie conformément aux normes internationales établies ». Ainsi, Astana considère que la multiplication des attaques contre des navires civils risque de provoquer une escalade incontrôle, touchant non seulement le pétrole kazakh, mais aussi l’ensemble du commerce maritime en mer Noire.

Par ailleurs, le Kazakhstan craint un précédent dangereux. Si des pétroliers transportant du pétrole kazakhstanais deviennent des cibles légitimes aux yeux des belligérants, alors la neutralité des routes commerciales pourrait être remise en cause. Cette situation aurait des conséquences économiques lourdes, tant pour les exportateurs que pour les pays importateurs. Le CPC gère en effet une part significative des exportations pétrolières du Kazakhstan, ce qui confère à cette infrastructure une importance stratégique majeure.

Enfin, Astana redoute une hausse durable des coûts d’assurance et de transport pour les navires. Même en l’absence de dommages majeurs, la simple perception du risque suffit à perturber les flux logistiques. Dans un marché du pétrole déjà sous tension, toute perturbation supplémentaire pourrait se répercuter sur les prix et la stabilité des approvisionnements. Pour ces raisons, le Kazakhstan insiste sur la nécessité de protéger les pétroliers et de maintenir la mer Noire comme un espace sûr pour la navigation commerciale.

Par Païsiy Ukhanov
Le 01/14/2026

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