La numérisation s’impose désormais comme un axe central de la stratégie politique du Kazakhstan. En annonçant que 2026 serait l’Année de la numérisation et de l’intelligence artificielle, le président Kassym-Jomart Tokaïev entend accélérer la transformation de l’État, moderniser l’économie et repositionner le pays dans la compétition technologique mondiale, selon une feuille de route dévoilée lors de son discours de Nouvel An.
La numérisation au cœur du projet politique de Kassym-Jomart Tokaïev
Le 31 décembre 2025, dans son allocution télévisée de Nouvel An, le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, a officiellement déclaré que l’année 2026 serait placée sous le signe de la numérisation et de l’intelligence artificielle. Cette annonce s’inscrit dans une stratégie politique assumée, visant à faire de la numérisation un levier du développement national.
La numérisation occupe une place centrale dans la vision présidentielle présentée par Kassym-Jomart Tokaïev. Dans son message à la nation, le chef de l’État a déclaré que 2026 devait ouvrir une nouvelle étape dans la modernisation du Kazakhstan, en s’appuyant sur les technologies numériques et sur l’intelligence artificielle. Ainsi, selon la présidence kazakhstanaise, la numérisation doit devenir un outil transversal de réforme de l’administration, de l’économie et des politiques publiques. Par ailleurs, le président Tokaïev a insisté sur le fait que la numérisation ne constitue pas un objectif isolé, mais un instrument de transformation de l’État. Dans ce contexte, la numérisation est présentée comme un facteur clé de transparence, de compétitivité et de confiance entre l’État et les citoyens.

© Akorda
Numérisation, intelligence artificielle et priorités économiques du Kazakhstan
La numérisation annoncée pour 2026 s’inscrit également dans une logique économique assumée. Kassym-Jomart Tokaïev a rappelé que le Kazakhstan devait consolider sa croissance en misant sur l’innovation technologique et l’intelligence artificielle. En effet, l’économie kazakhstanaise a enregistré une croissance du produit intérieur brut de 6% en 2025, tandis que les réserves de change du pays ont dépassé l’équivalent de 62 milliards de dollars, soit environ 57 milliards d’euros.
Dans ce cadre, la numérisation est appelée à soutenir plusieurs secteurs stratégiques. Le président a notamment cité l’énergie, l’agro-industrie, la gestion de l’eau, le transport et la logistique comme domaines prioritaires. De plus, la politique de numérisation doit accompagner les investissements dans les infrastructures sociales, notamment la construction de logements, d’écoles et d’établissements médicaux et culturels. Ainsi, la transition numérique est conçue comme un accélérateur de développement territorial et sectoriel.

© Akorda
La numérisation comme levier social et institutionnel
Au-delà de l’économie, la numérisation voulue par Kassym-Jomart Tokaïev comporte une dimension sociale affirmée. Le président a confirmé la poursuite des mesures de soutien aux petites et moyennes entreprises, considérées comme un pilier de la stabilité économique. La numérisation doit permettre aux PME d’accéder plus facilement aux services publics, aux financements et aux marchés, tout en réduisant les coûts administratifs.
En outre, Kassym-Jomart Tokaïev a rappelé que les politiques sociales restent indissociables de la transformation numérique. Dans son discours, il a mentionné la poursuite du programme « Le Fonds national pour les enfants », qui prévoit des versements réguliers sur les comptes des mineurs kazakhstanais. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de renforcer les garanties sociales tout en modernisant les mécanismes de gestion financière grâce à la numérisation. Ainsi, la stratégie présidentielle associe explicitement technologie, justice sociale et réforme institutionnelle.
