Chemin de fer Chine–Kirghizstan–Ouzbékistan : les banques chinoises financeront 50% du coût
Chemin de fer Chine–Kirghizstan–Ouzbékistan : les banques chinoises financeront 50% du coût

Les banques chinoises s’engagent au cœur d’un projet ferroviaire stratégique en Asie centrale. Pékin a confirmé le financement de la moitié du futur chemin de fer reliant la Chine au Kirghizstan puis à l’Ouzbékistan, une infrastructure majeure appelée à remodeler durablement les flux logistiques régionaux.

Les banques chinoises au cœur du montage financier du chemin de fer eurasiatique

Le 16 décembre 2025, à Bichkek, un accord de financement a été officiellement signé pour le chemin de fer Chine–Kirghizstan–Ouzbékistan, avec une partcipation déterminante des banques chinoises, appelées à couvrir environ 50% du coût total du projet, estimé à plusieurs milliards d’euros.

Les banques chinoises jouent un rôle central dans l’architecture financière de ce corridor ferroviaire transcontinental. En effet, un accord de prêt a été conclu entre la société mixte China–Kyrgyzstan–Uzbekistan Railway Company et un consortium de prêteurs chinois, incluant notamment le China Development Bank et l’Export-Import Bank of China. Ainsi, Pékin confirme son soutien financier direct à une infrastructure jugée prioritaire pour la connectivité eurasiatique.

Dans le détail, les banques chinoises se sont engagées à fournir environ 2,3 milliards de dollars, soit près de 2,1 milliards d’euros après conversion, représentant approximativement 50% du coût global du projet ferroviaire, estimé à 4,7 milliards de dollars. Ce financement prend la forme d’un prêt à long terme, d’une durée annoncée de 35 ans, destiné à sécuriser la viabilité économique du projet sur plusieurs décennies.

Banques et gouvernance : un contrôle stratégique assumé par la Chine

Au-delà du financement, les banques chinoises interviennent dans un cadre institutionnel où la Chine occupe une position dominante. La société chargée de la construction et de l’exploitation du chemin de fer est détenue à 51% par la partie chinoise, tandis que le Kirghizstan et l’Ouzbékistan possèdent chacun 24,5% du capital. Cette répartition traduit un contrôle stratégique assumé par Pékin sur un axe de transport clé.

Lors de la cérémonie officielle organisée à Bichkek, Bakyt Torobaev, vice-président du Cabinet des ministres du Kirghizstan, a souligné l’importance de cet engagement financier en déclarant que « l’un des principaux objectifs du contrat d’investissement était de garantir la couverture financière complète du projet avant le 20 décembre 2025 », ajoutant que cet objectif avait été atteint. Cette déclaration illustre la centralité des banques dans la sécurisation du calendrier du projet.

Un projet techniquement très complexe

La participation des banques chinoises s’explique aussi par l’ampleur technique du chantier. Le tracé du chemin de fer traverse des zones montagneuses particulièrement exigeantes, notamment au Kirghizstan. La construction nécessitera environ 50 ponts et 29 tunnels, avec près de 40% du parcours situé sur des sections considérées comme techniquement complexes.

Face à ces contraintes, les banques chinoises financent non seulement une infrastructure de transport, mais également un défi d’ingénierie majeur en Asie centrale. Zhou Xin, directeur général de la China–Kyrgyzstan–Uzbekistan Railway Company, a indiqué que la société projet se concentrerait sur « l’utilisation efficace des fonds attirés et sur la réalisation de toutes les obligations dans les délais établis ».

À terme, les banques chinoises misent sur un rendement stratégique plus que strictement financier. Le futur chemin de fer devrait permettre le transport d’environ 15 millions de tonnes de fret par an. Cette capacité vise à réduire significativement les distances de transport entre la Chine, l’Asie centrale et l’Europe, en contournant certains axes saturés ou politiquement sensibles.

Par Rodion Zolkin
Le 01/02/2026

Newsletter

Pour rester informé des actualités de l’Asie centrale