À Tachkent, le forum Union européenne – Asie centrale a débouché sur une série d’accords structurants sur les matières premières critiques, la sécurité des frontières et la réhabilitation de la mer d’Aral, confirmant l’entrée du partenariat euro-centra-asiatique dans une phase économique et stratégique inédite.
Une rencontre Union européenne – Asie centrale sous le signe des matières premières critiques et du « Global Gateway »
Le 26 novembre 2025, la capitale ouzbèke a accueilli le troisième forum économique du forum Union européenne – Asie centrale, un rendez-vous où Bruxelles et les cinq États de la région ont entériné plusieurs projets concrets, au croisement de la sécurité, des ressources naturelles et du développement durable.
L’un des axes majeurs du forum Union européenne – Asie centrale concerne l’accès sécurisé aux matières premières critiques, devenues vitales pour les chaînes industrielles européennes. Ainsi, trois projets structurants ont été officiellement lancés lors du forum de Tachkent : « Data for CRM », « Secure CRM » et « Grow CRM ». Le premier vise la constitution de bases de données géologiques fiables, alors que le second s’attache au renforcement des chaînes de valeur régionales, tandis que le troisième accompagne l’adaptation des cadres juridiques miniers. Par conséquent, le forum Union européenne – Asie centrale s’éloigne désormais des seules déclarations politiques pour entrer dans une phase opérationnelle. De plus, ces projets s’inscrivent pleinement dans l’initiative « Global Gateway », ce plan d’investissement stratégique que Bruxelles déploie face aux routes de la soie chinoises.
Dans ce contexte, une subvention de 3 millions d’euros a été formellement signée entre la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et l’Union européenne afin d’accélérer l’exploitation responsable des minerais stratégiques en Asie centrale. En parallèle, la Commission européenne a confirmé que l’ensemble de la région bénéficie d’un paquet d’investissements de 12 milliards d’euros dans le cadre de « Global Gateway », couvrant les infrastructures, l’énergie, l’eau, la connectivité et les ressources minérales. Ainsi, le forum Union européenne – Asie centrale devient un maillon central de la politique économique extérieure de l’UE, alors que les besoins européens en lithium, cuivre et terres rares ne cessent d’augmenter sous l’effet de la transition énergétique.
Cette dynamique a été résumée par le commissaire européen aux partenariats internationaux Jozef Síkela, qui a déclaré : « Nous avons promis d’approfondir notre coopération. Aujourd’hui, nous transformons notre agenda en actions concrètes ». Il a également mis en avant « les énormes réserves de ressources minérales, la main-d’œuvre jeune et qualifiée, ainsi que la position géographique stratégique de l’Asie centrale ». Ces propos illustrent pourquoi le forum Union européenne – Asie centrale concentre désormais une part croissante de l’attention diplomatique et industrielle de Bruxelles, tout en repositionnant la région comme partenaire économique clé.
Renforcer la gestion des frontières et la sécurité régionale
Au-delà des matières premières critiques, le forum Union européenne – Asie centrale a également acté un renforcement majeur de la coopération sécuritaire, à travers deux programmes régionaux emblématiques : BOMCA (gestion intégrée des frontières) et CADAP (lutte contre le trafic de drogues). Lors du forum de Tachkent, la poursuite de ces dispositifs a été confirmée. Ainsi, l’Union européenne continue d’appuyer les forces frontalières des États d’Asie centrale face aux risques transnationaux liés au trafic de stupéfiants, aux migrations irrégulières et aux réseaux criminels.
Le programme BOMCA constitue l’un des piliers de cette stratégie sécuritaire. La dixième phase du projet, achevée en septembre 2025, a mobilisé plus de 7.000 participants issus des administrations frontalières de la région. « BOMCA 10 a été l’une des phases les plus ambitieuses du programme, et aussi l’une des plus impactantes, avec des centaines de documents stratégiques et pratiques élaborés », avait fait savoir son coordinateur.
Des projets environnementaux et énergétiques
Le troisième pilier du forum Union européenne – Asie centrale porte sur l’environnement et l’énergie, avec en premier lieu la relance écologique de la région de la mer d’Aral. Un financement de 48 millions d’euros a été acté pour soutenir la durabilité socio-économique et environnementale des territoires affectés par l’assèchement du bassin. Ce projet vise notamment la reforestation, la gestion durable de l’eau et le soutien aux populations locales. Ainsi, le forum Union européenne – Asie centrale inscrit la lutte contre les catastrophes écologiques anciennes dans une logique de développement à long terme.
En parallèle, l’Union européenne renforce sa participation à la transition énergétique régionale. Des mémorandums ont été signés avec la Banque européenne d’investissement autour de projets hydroélectriques d’envergure, notamment la future centrale de Kambarata-1 au Kirghizstan. L’enveloppe globale de ces projets atteint environ 900 millions d’euros. Là encore, le forum Union européenne – Asie centrale agit comme un catalyseur d’investissements destinés à réduire la dépendance aux énergies fossiles, tout en sécurisant l’approvisionnement électrique de plusieurs pays.
Cette articulation entre environnement, énergie et développement territorial confirme que le forum Union européenne – Asie centrale ne se limite plus aux seules questions commerciales. Il se transforme progressivement en plateforme de planification stratégique régionale, adossée aux instruments financiers européens. De plus, la convergence entre la politique climatique européenne et les besoins énergétiques de l’Asie centrale crée un terrain d’intérêts communs, dans un contexte de recomposition géopolitique accélérée.
