Donald Trump pourrait bientôt entreprendre une tournée en Asie centrale, avec l’Ouzbékistan et le Kazakhstan en point d’orgue. Cette éventualité ravive l’attention diplomatique internationale, signe d’un regain d’intérêt américain pour la région.
Ouzbékistan : l’invitation officielle en provenance de Tachkent
Dans un contexte de recomposition géopolitique, Donald Trump évoque la possibilité d’une visite au Kazakhstan et en Ouzbékistan Le 5 septembre 2025, un échange téléphonique s’est déroulé entre le président de l’Ouzbékistan, Shavkat Mirziyoev et Donald Trump. Au cours de cet entretien, le président ouzbek a tendu une invitation explicite : le président américain est convié à se rendre en Ouzbékistan à un moment qui lui convient. Au cours de cet échange, Donald Trump a d’ailleurs salué les transformations engagées à Tachkent, soulignant leur portée sur la modernisation économique et l’élévation du niveau de vie.
Sur le plan économique, les chiffres parlent d’eux-mêmes : les échanges commerciaux entre les deux nations ont bondi de 15% en 2024 par rapport à 2023. Ce dynamisme s’accompagne de nouveaux partenariats dans des secteurs clés tels que l’aviation civile, l’extraction et le traitement de minéraux critiques, l’énergie, l’électrotechnique, l’agriculture, les technologies numériques, la finance, l’innovation et l’éducation.
En matière de sécurité, l’Ouzbékistan et les États-Unis explorent une coopération accrue : lutte contre le terrorisme, l’extrémisme et les flux migratoires illégaux. Par ailleurs, des échanges culturels se renforcent, à l’image du développement de campus américains au sein de l’enseignement supérieur à Tachkent.
Sur une note plus symbolique, Donald Trump a formulé des vœux de réussite à l’équipe nationale ouzbèke, engagée dans sa première compétition mondiale de football, la Coupe du monde 2026 organisée aux États-Unis.
Enfin, les deux chefs d’État ont évoqué le format « C5+1 », cadre de coordination régional, et confirmé leur intention de maintenir des contacts réguliers au plus haut niveau. Notons cependant qu’un tel déplacement serait historique : aucun président américain en exercice ne s’est jamais rendu en Asie centrale.
Kazakhstan : un possible déplacement évoqué, sans confirmation
Parallèlement, l’épine dorsale de ce que l’on sait du Kazakhstan est plus lacunaire, mais tout aussi remarquable. Le 7 septembre 2025, sur le parvis de la Maison-Blanche, un journaliste a demandé à Donald Trump s’il envisageait de se rendre au Kazakhstan. Sa réponse fut laconique mais ouverte : « Peut-être », précisant avoir eu une excellente conversation avec le président Kassyjm-Jomart Tokaïev, qu’il considère comme « une bonne personne ».
Sur le plan économique, la relation bilatérale est solide : en 2024, le commerce entre le Kazakhstan et les États-Unis a atteint 4,2 milliards de dollars, soit + 4% par rapport à 2023, où il s’élevait à 4,1 milliard de dollars.
Les exportations kazakhes vers les États-Unis sont dominées par plusieurs produits stratégiques : pétrole brut (1,1 milliard de dollars, soit 56,2%), uranium (322,9 millions de dollars, 16,4%), argent (239,9 millions de dollars, 12,2%), ferroalliages (188,2 millions de dollars, 9,5%) et tantale (17,6 millions de dollars, 0,89%). De janvier à mai 2025, les échanges bilatéraux ont atteint 1,2 milliard de dollars, dont 418,2 millions de dollars d’exportations kazakhstanaises.
Enfin, un partenariat stratégique d’envergure a été signé dès 2017 – sous le premier mandat de Trump – mettant à l’agenda sécurité et commerce.
Un intérêt retrouvé des États-Unis pour l’Asie centrale
Donald Trump pourrait donc visiter Kazakhstan et Ouzbékistan, deux destinations qui incarnent un virage stratégique de la diplomatie américaine. Ces annonces concrétisent une ouverture inédite, renforçant l’idée que l’Asie centrale recèle désormais un regain d’intérêt pour Washington.
L’invitation ouzbèke et la réponse ouverte de Trump entretiennent une dynamique diplomatique constructive. Le contexte économique – + 15% pour l’Ouzbékistan, + 4% pour le Kazakhstan – atteste de la vitalité des échanges régionaux. À cela s’ajoute l’importance géostratégique : énergies, technologies, sécurité régionale et coordination via le format C5+1.
Si ces visites se réalisent, elles marqueraient une première historique. En tout cas, elles traduisent un repositionnement des États-Unis vers une région longtemps marginalisée malgré son potentiel géopolitique et économique.
