Congé parental égalitaire : une avancée sociale inédite au Kazakhstan
conge-parental-peres-kazakhstan

Au Kazakhstan, des pères en congé parental jusqu’à trois ans pourront désormais faire valoir cette période dans leur durée de retraite — une avancée sociale majeure dans ce pays.

Vers une égalité réelle entre mères et pères dans la retraite

Le 6 septembre 2025, au Kazakhstan, une réforme audacieuse du Code social a été adoptée, instaurant une mesure pionnière : les pères non actifs bénéficieront, tout comme les mères, d’une reconnaissance complète du congé parental pour leur retraite. Ce changement marque un tournant dans la lutte pour l’égalité des genres.

Désormais, le congé parental jusqu’à trois ans pris par les pères sera comptabilisé dans la durée de retraite, à l’instar des mères. Cette réforme corrige une inégalité flagrante du système actuel, où seuls les parents de sexe féminin bénéficiaient de cette mesure — une discrimination reconnue par la Cour constitutionnelle. Malgré tout, un plafond demeure : maximum 12 ans sur l’ensemble de la vie peut être acquis via cette voie. Ajoutons que le Code social kazakhstanais, entré en vigueur le 1er juillet 2023, avait mis fin à 17 lois sociales fragmentées, pour structurer l’ensemble du cycle de vie, jusqu’à la retraite.

Cette mesure vient enrichir cette architecture sociale, en étendant équitablement les droits parentaux. Ainsi s’affirme une nouvelle avancée vers l’égalité, soutenue par un texte modernisé et inclusif.

Pour une implication parentale solidaire et équilibrée

Cette réforme est la conséquence d’une décision de la Cour constitutionnelle, saisie après le refus d’un père dont la période de congé n’avait pas été comptée dans sa durée de retraite. Pour la Cour, le congé pour un jeune enfant requiert une attention particulière et doit être reconnu pour tout parent ayant assuré cette charge. Aujourd’hui, environ 900 pères touchent déjà des prestations sociales durant une prise en charge allant jusqu’à 18 mois.

En 2024, ce système existant avait bénéficié à 191.000 nouvelles retraitées, dont 106.000 femmes, avec une pension moyenne de 116.200 tenges par mois. Parmi elles, 52.000 ont vu leur congé parental reconnu comme durée d’assurance.En ouvrant cette faculté aux pères, l’implication parentale devient solidaire, équilibrée, avec des effets concrets sur le niveau de retraite.

Cette initiative répond à une dynamique sociétale : des pères prêts à partager activement les responsabilités familiales, tout en sécurisant leur avenir professionnel. Dans un contexte de transition vers une politique proactive — incarnée par le Code social —, cette réforme renforce la cohérence entre parentalité, emploi et protection sociale, dans un État en modernisation.

Illustration www.freepik.com.

Par Païsiy Ukhanov
Le 09/09/2025

Newsletter

Pour rester informé des actualités de l’Asie centrale