Ouzbékistan : Boukhara aura sa Biennale d’art contemporain
Biennale d’art contemporain de Boukhara

La ville de Boukhara, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, s’apprête à accueillir dès septembre 2025 la première Biennale d’art contemporain. Cet événement culturel inédit ambitionne de transformer l’Ouzbékistan en nouvelle destination artistique et touristique d’Asie centrale.

Une manifestation artistique dans un cadre patrimonial unique

Le 5 septembre 2025 marquera l’ouverture officielle de la première Biennale d’art contemporain de Boukhara, appelée à se répéter tous les deux ans. L’événement se déroulera jusqu’au 20 novembre dans cette ville historique de l’Ouzbékistan, sur quatorze sites restaurés du patrimoine. Selon un décret présidentiel, cette manifestation s’inscrit dans une stratégie nationale visant à renforcer l’attractivité culturelle et touristique du pays.

Durant dix semaines, Boukhara proposera un programme pluridisciplinaire conçu pour conjuguer patrimoine et création contemporaine. Cette Biennale réunira des expositions, des performances, des ateliers culinaires et des concerts sur les principaux monuments de la vieille ville, parmi lesquels la médersa Mir-i Arab, la mosquée Magoki Attori ou encore le minaret Kalan. La manifestation sera répartie sur quatorze sites historiques, récemment restaurés, dont le caravansérail Ahmadjon et la maison-musée Faizulla Khojaev.

La programmation se veut ouverte et gratuite pour le public. Le site officiel de la Biennale indique que tous les projets ont été conçus en Ouzbékistan, en collaboration avec des artisans locaux. Le concept central, intitulé « Recette pour des coeurs brisés », associe arts visuels et gastronomie, donnant naissance à un dialogue inédit entre traditions culinaires ouzbèkes et création contemporaine. Comme l’a souligné la commissaire générale Diana Campbell, citée par la Fondazione Biennale, « chaque œuvre a été pensée pour établir un pont entre héritage et modernité ».

Une ambition internationale au service du tourisme

La première édition s’annonce d’ampleur mondiale. Plus de 70 projets inédits seront présentés, d’artistes de renom tels que Carsten Höller, Wael Shawky ou Anthony Gormley, mais aussi des designers et des chefs internationaux comme Laila Gohar. Des master-classes, des symposiums académiques et des performances musicales viendront enrichir le programme.

Cette orientation vise clairement à attirer un public touristique élargi. Le décret présidentiel précise que la Biennale servira à « renforcer l’image internationale de l’Ouzbékistan ». Cet événement, gratuit et accessible à tous, s’inscrit dans une volonté de faire dialoguer les visiteurs étrangers avec la culture locale. Le format festival, étendu sur dix semaines, permettra aux voyageurs de prolonger leur séjour dans la région et d’explorer le patrimoine ouzbek au-delà des expositions.

Une stratégie culturelle nationale pour l’Ouzbékistan

La création de cette Biennale n’est pas isolée mais s’inscrit dans une politique culturelle plus large. L’événement est soutenu par la Fondation pour le développement de l’art et de la culture d’Ouzbékistan, avec un accent sur la coopération entre artistes internationaux et artisans locaux. En réunissant plus de 30 experts et historiens d’art lors d’un symposium académique, la Biennale veut également devenir un centre de réflexion sur le rôle de l’art dans la société contemporaine.

Pour les autorités, l’objectif est clair : faire de Boukhara une ville créative à l’échelle mondiale, statut déjà reconnu par l’UNESCO. Comme l’a indiqué le site officiel de la Biennale, cette première édition doit « accroître la visibilité de l’Ouzbékistan sur la carte internationale de l’art ». Les organisateurs misent sur une fréquentation élevée, renforcée par la dimension gratuite et festive, afin de positionner durablement le pays comme une destination culturelle incontournable d’Asie centrale.

Par Païsiy Ukhanov
Le 08/28/2025

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