La progression des salaires réels en Ouzbékistan reste inférieure à celle de ses voisins d’Asie centrale, malgré une inflation maîtrisée. Cette divergence questionne la compétitivité des revenus locaux et l’équilibre économique au sein de la région.
Salaires réels : l’Ouzbékistan accuse un retard notable
Début 2025, l’Ouzbékistan enregistre un taux de croissance des salaires réels inférieur à celui de la région. Ce décalage, mesuré entre janvier et mars 2025, illustre un retard notable, alors que l’économie ouzbèke cherche à dynamiser son pouvoir d’achat et son marché intérieur, peut-on lire dans une étude de la Banque centrale d’Ouzbékistan.
Entre janvier et mars 2025, la croissance moyenne des salaires réels en Asie centrale atteint 9,8%, une performance significative pour les pays de la région. En comparaison, l’Ouzbékistan affiche une augmentation de seulement 7,2% sur la même période. Même si les deux pays progressent, l’écart de près de deux points soulève des interrogations sur la résilience économique ouzbèke. Par ailleurs, la Banque centrale met en garde : « Si cet écart avec les pays comparables persiste dans un avenir proche, il entraînera une baisse du pouvoir d’achat des acteurs du marché du travail ouzbek et un affaiblissement de la demande de biens et services nationaux ».
Salaire minimum : un niveau modeste malgré un bon ratio
Au premier trimestre 2025, le salaire minimum en Ouzbékistan était fixé à 91 dollars, nettement inférieur à celui de la Biélorussie (243 dollars), de l’Azerbaïdjan (235 dollars) ou de la Mongolie (222 dollars). Cependant, ce seuil représente environ 35% du PIB par habitant, contre 14% au Kazakhstan et au Kirghizstan, et 12% en Géorgie, ce qui signale un écart réduit avec le niveau de vie moyen.
Nominal vs réel : quels secteurs progressent ?
Au deuxième trimestre 2025, les salaires en Ouzbékistan croissent de 17,2% en nominal, mais la hausse réelle s’établit à 7,3%. Certains secteurs tirent mieux leur épingle du jeu :
- finance et assurance : 16,3 millions de soms (1.281 dollars) de salaire moyen ;
- technologies de l’information et communication (TIC) : 14,8 millions de soms (1.163 dollars) ;
- en revanche, la construction souffre d’un recul réel de –2,8%, synonyme de forte pression économique dans ce secteur.
Moyenne nationale ajustée : progrès réel notable
Sur la période janvier–juin 2025, le salaire nominal moyen atteint 5.982.300 soms (470 dollars), soit environ 470 dollars. Comparé à la même période de 2024, cela représente une hausse de 17,2%. Après ajustement pour une inflation de +4,2%, la progression réelle des revenus est estimée entre 12% et 13%.
À l’échelle régionale, à Tachkent, le salaire moyen dépasse 10.138.400 soms (797 dollars) (+18,8%). Il s’établit à :
- 16 252 900 soms (1.277 dollars) dans le secteur finance/assurance (+13,9%) ;
- 14 785 800 soms (1.162 dollars) dans les TIC (+17%) ;
- 5 888 300 soms (463 dollars) dans la construction (+6,1%).
Brillant sur le plan nominal et encourageant au niveau national, l’Ouzbékistan reste cependant en retrait si l’on compare le rythme de progression des salaires réels avec celui de ses voisins régionaux.