Au Kazakhstan, un nouveau riz baptisé « sir souli » attire l’attention : plus rapide à mûrir et moins gourmand en eau, il pourrait bien devenir une arme agricole face à la crise hydrique qui frappe le pays.
Un riz adapté aux sols et sobre en eau
Les essais du riz « sir souli » dans la région de Kyzylorda suscitent un vif intérêt. Dans un contexte où la raréfaction de l’eau menace directement les cultures, cette variété locale se distingue par une maturation accélérée et une capacité à réduire les besoins d’irrigation, un atout majeur pour l’agriculture kazakhstanaise.
Fruit des travaux de l’Institut de recherche en riziculture I. Zhakhayev, « sir souli » a été pensé pour les conditions du sud du Kazakhstan, particulièrement touchées par la pénurie d’eau. Contrairement aux variétés importées de Russie, qui nécessitent de longs cycles de croissance, cette variété mûrit en 105 à 110 jours, soit deux semaines de moins que la norme habituelle.
« La situation hydrique dans les régions méridionales oblige à développer de nouveaux moyens d’économie d’eau. Avec le changement climatique, de telles variétés peuvent devenir une alternative convaincante aux cultures consommatrices », a fait savoir Zhanuzak Baymanov, vice-président scientifique de l’Institut. Ses propos résument l’espoir placé dans ce riz, qui s’impose comme un levier stratégique face à l’urgence climatique.
Des rendements prometteurs malgré un cycle court
La rapidité de maturation n’implique pas une baisse de productivité. Bien au contraire. Les essais menés à Kyzylorda indiquent un rendement oscillant entre 80 et 85 centner par hectare, soit un niveau comparable, voire supérieur, à certaines variétés déjà cultivées dans la région.
Ce double avantage séduit les autorités agricoles. D’un côté, il réduit la durée d’irrigation et donc la pression sur les canaux hydrauliques. De l’autre, il garantit une stabilité de la production. Cette combinaison rare fait de « sir souli » une variété stratégique, autant pour l’économie agricole que pour la sécurité alimentaire nationale.
Technologie et irrigation : une alliance renforcée
Au-delà du génome végétal, l’innovation s’appuie aussi sur la technologie. L’Institut Zhakhayev teste en parallèle le produit hongrois Water Retainer, destiné à améliorer la rétention d’humidité dans les sols. Associé au nouveau riz, il a permis de réduire la durée d’irrigation de 90 à seulement 51 jours.
Ces expérimentations s’étendent aujourd’hui à plusieurs régions, d’Almaty à Karaganda, en passant par Akmola et Zhetysu. Pour les experts, cette diffusion témoigne d’une volonté d’ancrer l’agriculture kazakhstanaise dans une trajectoire plus résiliente. Les premiers retours de terrain laissent entrevoir un modèle reproductible, capable de concilier rendement, économie d’eau et adaptation au changement climatique.
Illustration www.freepik.com.