Le Qatar vient d’accorder au Tadjikistan un crédit préférentiel de 50 millions de dollars pour la construction de la centrale hydroélectrique de Rogun, une initiative destinée à renforcer la sécurité énergétique du pays et à accroître sa capacité de production électrique à destination des marchés domestiques et régionaux.
Un coup de pouce stratégique pour l’énergie au Tadjikistan
Le 23 août 2025, à Douchanbé, un accord a été signé entre le Tadjikistan et le Fonds qatari de développement (QFFD), octroyant un crédit avantageux de 50 millions USD au bénéfice du projet de la centrale hydroélectrique de Rogun. Ce soutien financier fait suite aux discussions initiées par le président Emomali Rahmon lors de sa visite à Doha en octobre 2024.
Ce prêt consenti par le Qatar constitue une étape symbolique dans la diversification des sources de financement du projet, qui figure parmi les plus ambitieux d’Asie centrale. Il intervient dans le contexte d’un budget global estimé à environ 6,4 milliards dollars, dont la moitié est déjà couverte par un consortium de bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux.
À ce jour, deux des six turbines de la centrale ont été mises en service en 2018 et 2019. Le lancement progressif de la troisième est prévu en 2025, tandis que l’ensemble du projet devrait atteindre son achèvement d’ici 2035, entraînant une augmentation de plus de 50% de la capacité de production d’électricité nationale et l’exportation d’environ 60% de cette production vers les pays voisins.
La centrale hydroélectrique de Rogun, futur pilier du système électrique tadjik
La centrale hydroélectrique de Rogun, prévue sur le fleuve Vakhsh, deviendra la plus puissante et la plus haute du monde avec une hauteur de 335 m et une capacité installée de 3.600 MW, avec une production annuelle estimée à 14,5 milliards de kWh.
Elle constituera un pilier du système électrique tadjik, devant fournir de l’énergie fiable à 10 millions d’habitants et permettre l’exportation d’environ 70% de sa production, ce qui contribuera à la décarbonation des réseaux électriques au Kazakhstan et en Ouzbékistan.
Le projet est structuré en plusieurs phases avec des normes strictes de sécurité, environnementales et sociales, soutenues notamment par des programmes de partage des bénéfices, qui allouent 3% des revenus pendant la construction, portés à 5% après achèvement aux programmes sociaux.
Un partenariat croissant, entre solidarité et coopération stratégique
Le soutien qatari intervient dans un paysage financier internationallement complexe où s’entremêlent interventions bancaires (Banque mondiale, ADB, IsDB, OPEC Fund, etc.) et initiatives bilatérales. Lors de la signature, les représentants du QFFD et le ministre des Finances tadjik Fayziddin Kakhhorzoda ont évoqué la volonté d’étendre cette coopération bilatérale à d’autres projets prioritaires, consolidant le rôle du Tadjikistan comme un acteur énergétique clé dans la région.