Standard&Poors relève la note du Kazakhstan à « positive »
Standard&Poors

L’agence de notation Standard&Poors relève la perspective du Kazakhstan à « positive », tout en confirmant la note de crédit souveraine « BBB- ». Cette bascule, saluée par les marchés, reflète des réformes budgétaires et fiscales tangibles ainsi qu’un renforcement des amortisseurs financiers. Elle éclaire, en outre, la trajectoire de la dette et des investissements, et elle rebat, enfin, les cartes du risque-pays pour les émetteurs et les banques.

Standard&Poors : un virage « positif » soutenu par des réformes et des chiffres solides

Le 22 août 2025, Standard&Poors a révisé à la hausse la perspective du Kazakhstan, désormais « positive », et confirmé la note de crédit « BBB-/A-3 ». Cette décision de Standard&Poors, à la fois attendue et décisive, intervient alors que le pays intensifie ses réformes budgétaires, modernise sa fiscalité et crédibilise sa gouvernance économique, ce qui soutient mécaniquement la note et, surtout, les conditions de financement.

La communication de Standard&Poors insiste sur la dynamique réformatrice et sur la qualité des amortisseurs. D’une part, Standard&Poors souligne l’entrée en vigueur de nouvelles règles budgétaires et d’un nouveau Code fiscal, qui élargissent la base de recettes et encadrent mieux la dépense ; d’autre part, Standard&Poors rappelle que le pays reste créancier net vis-à-vis du reste du monde, avec des réserves officielles et des actifs liquides publics substantiels, ce qui fortifie la note de crédit. L’agence juge même que « le risque de sanctions secondaires est faible », ce qui réduit, en outre, l’aléa géopolitique pour la note et le crédit. Standard&Poors anticipe par ailleurs un effet positif du Plan national en faveur des infrastructures sur la diversification, et donc sur la note à moyen terme.

Au-delà de la sémantique des perspectives, Standard&Poors ancre ce changement par des données. En effet, la croissance réelle pourrait atteindre 5,5% en 2025, avant de converger autour de 4% entre 2026 et 2028 — une trajectoire compatible, en outre, avec une consolidation graduelle. Les actifs liquides du secteur public (dépôts et actifs externes du Fonds national) devraient se stabiliser autour de 21% du PIB sur les quatre prochaines années, contre environ 25% en 2023. Ce coussin, crucial pour la note et le crédit, s’additionne à une position extérieure nette créancière, déjà relevée par Standard&Poors.

Standard&Poors : quels leviers concrets derrière la perspective « positive » ?

La lecture de cette publication de Standard&Poors montre trois leviers. Premièrement, Standard&Poors met en avant le resserrement de la gouvernance des dépenses, l’élargissement de la base fiscale et l’augmentation attendue de la production pétrolière, qui soutiendront la consolidation budgétaire « au cours des prochaines années ». « Nous attendons un resserrement du contrôle des dépenses, un élargissement de la base fiscale et une production pétrolière plus élevée, qui soutiendront la consolidation budgétaire », indique l’agence. Ensuite, Standard&Poors met l’accent sur l’amélioration du cadre de politique monétaire et sur les mesures macroprudentielles qui devraient modérer le crédit à la consommation, ce qui agit, en outre, sur les déséquilibres et donc sur la note. Enfin, Standard&Poors relève la résilience bancaire face aux chocs externes, avec des ratios de capital adéquats et une liquidité robuste, ce qui fluidifie, par ailleurs, la transmission monétaire et la prime de risque souveraine.

Sur le plan des chiffres, Standard&Poors ne masque pas les défis. Le rendement moyen de la dette publique aurait atteint 10,3% au 1er semestre 2025, contre 7,7% en 2024, ce qui tend le coût de portage malgré la perspective positive ; la charge d’intérêts dépasserait 10% des recettes sur 2025–2028 si la préférence pour les émissions domestiques perdure. De plus, Standard&Poors anticipe un déficit courant moyen d’environ 3,2% du PIB sur 2025–2028, après 1,74% en 2024, car l’effort d’investissement pèse, toutefois, sur les importations. Néanmoins, Standard&Poors calcule que les buffers publics et la position extérieure nette absorbent ces tensions, maintenant, ainsi, l’équilibre global compatible avec la note de crédit « BBB- ».

Le scénario d’une éventuelle hausse de la note ?

Pour les investisseurs, la perspective « positive » de Standard&Poors a des conséquences immédiates. Historiquement, ce calibrage réduit la probabilité de baisse de note et augmente la probabilité de relèvement à horizon 12-24 mois, sous réserve, toutefois, d’exécution des réformes. Reuters résume la motivation de Standard&Poors par « un élan réformateur durable », tout en rappelant que les notations « BBB-/A-3 » sont confirmées et que la perspective passe à positive. Concrètement, Standard&Poors pourrait convertir la perspective en hausse de note si le nouveau Code fiscal élargit durablement la base hors hydrocarbures et si les règles budgétaires restaurent progressivement les buffers. À l’inverse, Standard&Poors resterait prudente en cas de recul dans la collecte fiscale, de détérioration des actifs liquides, ou d’incident prolongé sur le pipeline CPC, qui amputerait les recettes d’exportation.

Sur le crédit privé et bancaire, le signal de Standard&Poors est également porteur. D’un côté, l’amélioration de perspective réduit le coût de financement souverain et compresse la prime de risque des émetteurs quasi-souverains ; de l’autre, elle stabilise l’environnement pour les banques, déjà jugées résilientes par Standard&Poors, avec un capital suffisant et une liquidité solide, tandis que l’encadrement du crédit à la consommation contient, en outre, les vulnérabilités microfinancières. Enfin, Standard&Poors rappelle que la diversification progressive via le Plan national en faveur des infrastructures et l’avancée des réformes (anticorruption, décentralisation, transparence) contribueront à réduire la dépendance pétrolière, condition nécessaire à un relèvement futur de la note. « La perspective devient positive » parce que l’exécution suit, explique Standard&Poors.

Par Païsiy Ukhanov
Le 08/25/2025

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