Le 6 août 2025 marque une étape capitale : le Kazakhstan et l’Azerbaïdjan ont entamé l’exploration du fond marin de la mer Caspienne pour préparer la pose d’un câble optique reliant Aktaou à Soumgaït. Cet axe stratégique, annoncé pour fin 2026, promet de remodeler le transit de données entre l’Asie centrale et l’Europe.
Câble sous-marin : une artère numérique au cœur de la mer Caspienne
À l’origine du projet, une coentreprise formée en août 2023 par Kazakhtelecom et AzerTelecom. Les deux opérateurs avaient alors signé, à Amsterdam, l’acte fondateur de la société chargée de construire et d’exploiter la future liaison. « La création de la coentreprise est un pas important vers la mise en place du système de câble transcaspien… Elle assurera la transmission de volumes multitérabits entre l’Asie et l’Europe », déclarait Sergeï Nazarenko, directeur général adjoint d’AzerTelecom.
La ligne, longue de 380 kilomètres, offrira une capacité annoncée de 400 Tbit/s. Le tracé retenu reliera directement les deux rives, réduisant les dépendances aux réseaux terrestres souvent saturés ou vulnérables.
Câble et géopolitique : un axe plus sûr que les mers ouvertes
Le choix de la mer Caspienne n’est pas anodin. Contrairement aux câbles posés en Baltique ou en mer du Nord, exposés aux tensions et aux sabotages, ce plancher marin fermé offre un environnement plus contrôlé. Les gouvernements y voient une manière de renforcer leur poids géopolitique tout en s’imposant comme plateformes de transit incontournables. La connexion directe avec l’initiative Digital Silk Way promet aussi d’attirer des investissements dans les centres de données régionaux.
Câble en construction : technologie et précision millimétrée
L’exploration engagée en août 2025 marque le début de la phase la plus délicate. « Aujourd’hui commence la partie la plus intéressante du projet. Du port de Bautino, un navire spécialisé a pris la mer… pour étudier le relief, les profondeurs, les courants et les fissures », expliquait Bagdat Musin, le PDG de Kazakhtelecom, sur son canal Telegram.
Ces relevés détermineront l’itinéraire final et la configuration technique du câble. Les zones côtières, elles, ont déjà été analysées conjointement par les deux opérateurs. L’ensemble des travaux est calibré pour supporter l’évolution du trafic pendant plusieurs décennies.
Avec un chantier estimé à plus de 50,6 millions d’euros, financé à parts égales, et un calendrier qui vise un lancement opérationnel en 2026, le Kazakhstan et l’Azerbaïdjan misent sur une infrastructure invisible mais décisive. Ce câble, au-delà des gigabits et des téraflots, incarne un pivot discret mais déterminant dans la nouvelle carte des flux mondiaux.
