Kazakhstan face à l’exode de ses talents qualifiés : le ministère du Travail sonne l’alerte
émigrés Kazakhstan

Le Kazakhstan connaît une émigration croissante de ses talents qualifiés, en particulier dans les domaines technique, économique et pédagogique, a alerté le vice-ministre du Travail, Olzhas Anafin. Cette perte de main-d’œuvre touche principalement les régions du nord, du centre et de l’est du pays. Parallèlement, la mobilité interne des travailleurs est en plein essor, concentrée sur les grandes villes.

La plupart des émigrés possèdent une qualification unique

En 2019, environ 159.000 citoyens ont définitivement quitté le Kazakhstan, apprend-on des données présentées lors d’une réunion du Comité pour le développement socio-culturel et scientifique du Sénat. Ce chiffre est préoccupant pour le pays, particulièrement parce qu’il concerne en grande majorité des régions stratégiques comme le nord, le centre et l’est. De ces départs, environ 105.000 personnes sont originaires de ces zones, qui jouent un rôle clé dans l’économie nationale. Les profils qui émigrent sont souvent hautement qualifiés : 30% des partants sont des professionnels possédant une qualification demandée sur le marché du travail, tels que des ingénieurs, des économistes ou des enseignants. Ces départs massifs ont un impact direct sur la capacité du pays à soutenir sa croissance, en réduisant la main-d’œuvre compétente disponible dans des secteurs critiques.

Au Kazakhstan, 8 émigrés sur 10 partent pour un autre pays de la CEI

La destination principale des migrants kazakhstanais reste les pays de la Communauté des États indépendants (CEI). En effet, 80% des émigrés choisissent d’aller vers ces pays, attirés par des opportunités professionnelles ou des conditions de vie perçues comme meilleures. Cette tendance soulève des questions sur l’attractivité du Kazakhstan en tant que lieu de travail et de résidence pour ses propres citoyens. Le vice-ministre a également noté que 73% des personnes qui quittent le pays sont en âge de travailler, ce qui accentue la fuite des talents et crée des vides dans les secteurs de l’économie qui dépendent fortement des compétences spécialisées.

La mobilité interne s’est elle aussi intensifiée

En revanche, le Kazakhstan observe une augmentation de la mobilité interne, particulièrement vers les trois grandes villes du pays : Astana, Almaty et Shymkent. En 2024, 689.500 personnes ont participé à des mouvements migratoires internes, parmi lesquelles 411.400 ont été relocalisées dans diverses régions. Ces migrations internes se concentrent principalement dans les grands centres urbains, attirés par les opportunités économiques et la qualité de vie. Astana, Almaty et Shymkent représentent à elles seules 50,6% des mouvements internes, soulignant l’importance croissante de ces pôles économiques pour la population active.

Illustration www.freepik.com.

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