Au Kirghizstan, un test instantané pour les chauffeurs indisciplinés
chauffeurs

Depuis le 1er septembre 2025, la police kirghize réalise des tests de vérification des connaissances du Code de la route directement sur place pour les conducteurs en infraction. Ce dispositif s’inscrit dans une volonté de lutter contre les accidents, largement causés par des automobilistes peu ou pas formés, responsables de nombreuses victimes chaque année.

Au Kirghizstan, les permis de conduire retirés ne sont restitués qu’après repassage du Code

Le gouvernement du Kirghizstan a pris des mesures drastiques pour lutter contre l’ignorance du Code de la route, un fléau à l’origine de nombreux accidents. Selon Askat Alagozov, porte-parole du président Sadyr Japarov, une nouvelle procédure, en vigueur depuis le 1er septembre, mais annoncée seulement le 24 mars 2025, impose aux conducteurs ayant enfreint la loi de se soumettre à une évaluation de leurs connaissances des règles de circulation, directement sur place. En cas d’échec, le permis est temporairement retiré et envoyé aux autorités en charge de la délivrance des permis de conduire, où le conducteur devra repasser un test pour récupérer son permis. Cette démarche vise à responsabiliser les conducteurs en les confrontant immédiatement à leur méconnaissance.

Askat Alagozov souligne que nombre de permis délivrés dans les années 1990 et 2000 l’ont été sans examen, souvent obtenus par achat pour des sommes allant de 15.000 à 20.000 soms, une pratique ayant cessé en 2020. Actuellement, les autorités estiment que seulement 20 à 30% des conducteurs avaient réellement passé les examens nécessaires. Les automobilistes pourront repasser le test autant de fois que nécessaire, mais avec un coût progressif allant de 500 soms pour le premier test à 4.000 soms pour les tentatives suivantes. Cette stratégie tarifaire vise à inciter les conducteurs à prendre plus sérieusement leur remise à niveau.

Au Kirghizstan, une sécurité routière alarmante

La situation est critique, 70% des conducteurs étant incapables de maîtriser pleinement le Code de la route, d’après les statistiques fournies par le ministère de l’Intérieur. Comme le rappelle Baygazy Aitykul Uulu, porte-parole de la Direction générale de la sécurité routière, de nombreux conducteurs ne savent pas reconnaître les panneaux routiers les plus courants. Certains ne se souviennent même pas de leur passage en auto-école, un phénomène particulièrement préoccupant compte tenu des conséquences humaines des accidents de la route.

Cette lacune massive dans la formation des conducteurs a entraîné une recrudescence des accidents graves, souvent mortels. Le porte-parole précise que des centaines de vies sont perdues chaque année, notamment en raison de conducteurs peu formés qui échoueraient à identifier ne serait-ce que cinq panneaux routiers différents. Cette réforme vise à réduire ce nombre dramatique de victimes en imposant une vigilance accrue. Le tout sera documenté par des enregistrements vidéo afin de garantir la transparence du processus et de prévenir toute tentative de corruption des agents de la circulation.

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