À Achgabat, la capitale du Turkménistan, un nouveau règlement impose aux femmes de signaler leur statut matrimonial par des vêtements de couleurs spécifiques. Ce code vestimentaire, imposé par les employeurs sous « instruction supérieure », expose les femmes à des sanctions en cas de non-respect.
Robe jaune pour les mariées, foulard jaune pour les non-mariées
Depuis mars 2025, à Achgabat, les femmes non mariées sont contraintes de porter des foulards jaunes, un symbole clair de leur célibat. Cette nouvelle règle, révélée par la radio Azathabar, le service turkmène de Radio Liberty, s’accompagne également d’une obligation pour les femmes mariées de s’habiller en robe jaune au travail. Les employeurs, qui ont mis en place ce code vestimentaire, affirment que cette directive vient « d’en haut » sans toutefois préciser l’origine exacte de cette consigne. Toute femme ne respectant pas ces règles en matière de couleur vestimentaire est menacée de perdre son emploi.
Le Turkménistan, un pays où l’État régule étroitement la sphère privée
Cette mesure s’inscrit dans une série de règlements particulièrement stricts concernant l’apparence des femmes au Turkménistan. Déjà, les femmes fonctionnaires étaient tenues d’éviter le maquillage, les robes moulantes ou les teintures capillaires de couleurs claires. Ces restrictions reflètent un contrôle rigide de l’apparence publique, où l’État intervient même sur des détails de la vie quotidienne, comme la couleur des voitures privées (qui doivent être blanches) ou l’interdiction implicite des barbes pour les jeunes hommes, obligés d’être rasés de près.
Derrière ces nouvelles obligations vestimentaires, l’interprétation de l’utilisation de la couleur jaune reste floue. Si certains y voient un choix lié aux goûts personnels de la famille de l’ancien président Gourbangouly Berdimoukhamedov, il n’existe aucune justification officielle. Sławomir Górak, un expert d’Asie centrale cité par Azathabar, souligne que ces décisions ne reposent généralement pas sur des bases légales, mais sur des recommandations ou avis informels émis par les membres influents du pouvoir turkmène.