Lutte anticorruption au Kazakhstan : des fonctionnaires sensibilisés par des visites en prison
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Au Kazakhstan, au fois par an, des milliers de fonctionnaires sont obligés de visiter des prisons et assister à des procès pour corruption, afin de mieux comprendre les conséquences légales de ces actes répréhensibles.

Corruption : faire comprendre aux fonctionnaires la gravité des sanctions encourues

Depuis mars 2024, le Kazakhstan a renforcé son arsenal de prévention de la corruption au sein des secteurs public et quasi-public en adoptant des méthodes inédites. Parmi celles-ci, l’obligation pour les fonctionnaires, une fois par an, de visiter des centres de détention ou des prisons. Ces visites, qualifiées de « thérapie de choc » par l’Agence pour la lutte contre la corruption, visent à sensibiliser les agents publics aux conséquences de la corruption, rapporte l’agence de presse Kazinform. Arman Tleukenov, le chef de cette agence, a précisé que ces mesures préventives incluent la visite des cellules des prisonniers, des salles d’interrogatoire et des espaces de promenade réservés aux détenus. L’objectif principal est de faire comprendre aux fonctionnaires la gravité des sanctions encourues en cas de manquement à la loi.

Le message des autorités est clair : il ne s’agit pas d’intimider, mais de responsabiliser les agents publics. Selon Daniyar Bigaïdarov, le porte-parole de l’Agence, ces visites sont organisées pour que chaque fonctionnaire ait une idée précise des conséquences qui l’attendent en cas de corruption. En 2024, ces initiatives ont touché plus de 2.500 fonctionnaires de divers niveaux, notamment des chefs d’administrations publiques, des maires de districts ainsi que leurs adjoints. Ce programme préventif est en constante expansion afin d’inclure un maximum d’employés du secteur public.

Suivi obligatoire en direct des procès pour corruption

En plus des visites dans les centres de détention, les fonctionnaires kazakhs assistent également à des procès pour corruption. En mars 2024, plus de 400 établissements scolaires ont suivi en direct un procès retentissant à Aktobe. Le comptable d’une école locale avait détourné plus de 413 millions de tenges (759.000 euros). Ce procès a été suivi en ligne par les directeurs d’écoles, les comptables et les professeurs, tous réunis pour observer la manière dont la justice kazakhe traite ce genre de délits.

Ces mesures, en apparence strictes, s’inscrivent dans une stratégie globale pour inculquer une culture anticorruption. Le gouvernement souhaite que ces fonctionnaires prennent conscience des réalités judiciaires et pénitentiaires liées à la corruption, notamment en observant directement les conséquences concrètes de ces crimes. À travers ces actions, le Kazakhstan cherche à éviter toute banalisation des infractions financières parmi ses agents publics.

Illustration www.freepik.com.

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