Le parlement kirghiz propose un cadre légal pour des accouchements anonymes
accouchements anonymes

Au Kirghizstan, un projet de loi présenté par la députée Jildyz Sadyrbayeva vise à introduire un cadre juridique permettant aux femmes en situation difficile de bénéficier d’accouchements anonymes. Cette proposition est motivée par les statistiques alarmantes sur les abandons de nouveau-nés dans le pays.

Lutter contre l’abandon de nouveaux-nés

Depuis 2020, au Kirghizstan, plus de 100 signalements ont été enregistrés concernant des bébés abandonnés, dont certains ont tragiquement été retrouvés sans vie. La députée Jildyz Sadyrbayeva souhaite instaurer un cadre légal qui autoriserait les « accouchements secrets » pour protéger les mères et les enfants vulnérables. Cette mesure permettrait aux femmes, dans des situations de danger ou de précarité, de donner naissance sans révéler leur identité. Ces accouchements pourraient se dérouler dans des structures sanitaires publiques ou municipales sous un pseudonyme et un mot de code, assurant une stricte confidentialité. L’objectif est d’offrir un environnement sécurisé pour l’accouchement tout en respectant l’anonymat des mères.

Entre 2020 et février 2025, 101 signalements de crimes liés à l’abandon de bébés ont été enregistrés, selon les données de la Procureure générale. Parmi ces cas, six concernent des parents qui ont refusé de récupérer leur enfant à l’hôpital ou des mères qui ont fui l’établissement après l’accouchement. Les nouveau-nés ont souvent été retrouvés abandonnés dans des lieux publics tels que des mosquées, des hôpitaux ou même des poubelles. Au total, 76 bébés ont été laissés de cette manière, et 19 cadavres de nourrissons ont été découverts dans des parcs, des décharges ou d’autres endroits dangereux.

Les Kirghiz sont nombreux à adopter

En parallèle, le ministère du Travail et de la Protection sociale du Kirghizstan rapporte que plus de 9.000 enfants sont actuellement privés de soins parentaux. Cependant, le pays enregistre des adoptions : plus de 3.000 enfants ont trouvé des familles adoptives ces dernières années. Néanmoins, la liste d’attente pour l’adoption reste longue avec 768 familles en attente de pouvoir accueillir un enfant.

Jildyz Sadyrbayeva estime que l’institution des accouchements secrets est essentielle pour protéger les nouveau-nés vulnérables et offrir une alternative aux abandons qui, dans certains cas, peuvent mener à la mort.

Illustration www.freepik.com.

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