L’Ouzbékistan a officiellement ratifié l’accord de partenariat stratégique signé avec le Kazakhstan et l’Azerbaïdjan en novembre 2024 à Bakou, dans le cadre de la COP29. Cet accord vise à exporter de l’énergie renouvelable d’Asie centrale vers l’Europe via un « corridor énergétique vert ».
Exportation d’énergie « verte » vers l’Europe : la société italienne CESI mandatée pour évaluer la faisabilité du projet
En novembre 2024, lors de la COP29, les présidents du Kazakhstan, de l’Azerbaïdjan et de l’Ouzbékistan ont signé un accord de partenariat stratégique visant à développer et transmettre de l’énergie « verte ». Cet accord, aujourd’hui ratifié par l’Ouzbékistan, constitue une avancée significative dans la coopération trilatérale pour l’intégration des systèmes énergétiques. Ce projet colossal implique la création d’une infrastructure permettant l’exportation d’énergie » « propre » vers l’Europe via un réseau de câbles sous-marins. Selon Shavkat Mirziyoyev, le président de l’Ouzbékistan, ce projet n’est pas seulement d’ordre économique, mais contribue également aux objectifs climatiques mondiaux.
En mai 2024, le projet avait déjà pris forme avec la sélection de l’entreprise italienne CESI pour l’étude de faisabilité. Celle-ci permettra de définir les aspects techniques du projet, dont le coût est estimé à plus de 2 milliards de dollars. Cette infrastructure est essentielle pour relier l’Asie centrale à l’Europe à travers le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan et la mer Caspienne. Le corridor passera ensuite par la Géorgie, la mer Noire, la Roumanie et la Hongrie. L’Ouzbékistan prévoit d’exporter entre 2 et 5 gigawatts d’énergie, tandis que le prix de l’électricité renouvelable, issue du solaire et de l’éolien, oscillera entre 4 et 5 centimes par kilowatt-heure.
Plus qu’un corridor d’exportation, un moyen d’attirer des investissements dans le secteur de l’énergie
Le contexte international et la coopération trilatérale renforcent ce projet ambitieux, qui intervient dans un contexte mondial de transition énergétique. Le Kazakhstan, moteur de cette initiative, a déjà fait de l’énergie verte une priorité nationale. Avec 148 installations d’énergies renouvelables totalisant une capacité de près de 3.000 MW, ce pays est en bonne voie pour atteindre ses objectifs climatiques. L’accord signé à Bakou vise donc à renforcer cette dynamique, tout en stimulant la coopération technique et financière entre les trois pays.
En parallèle, cet accord ouvre la voie à des investissements internationaux dans le secteur de l’énergie verte. La Banque asiatique de développement, entre autres, pourrait être un acteur clé pour le financement des infrastructures nécessaires. Pour l’Europe, ce projet est stratégique, car il lui permettrait de diversifier ses sources d’approvisionnement en énergie renouvelable, tout en réduisant sa dépendance aux énergies fossiles.