Le 14 mars 2025, en clôture du troisième Kurultaï national, le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, a prononcé un discours axé sur la morale et les valeurs traditionnelles. Le président a insisté sur la nécessité de protéger la société kazakhe des influences étrangères néfastes, tout en promouvant l’identité culturelle nationale à travers l’éducation, la religion, l’art et les pratiques sociales, telles que le port des tenues traditionnelles.
Contrer les influences religieuses non traditionnelles
Lors de la clôture de la troisième édition du Kurultaï national, le 14 mars 2025, le président Kassym-Jomart Tokaïev a clairement articulé son objectif de réaffirmer une identité nationale solide, enracinée dans des valeurs morales robustes, face à ce qu’il perçoit comme des menaces culturelles. Concernant la liberté religieuse, il a reconnu que le Kazakhstan garantissait cette liberté, mais a fermement souligné qu’aucune tolérance ne serait accordée aux dérives religieuses destructrices. « Les idéologies destructrices et étrangères à notre culture doivent être fermement contenues », a-t-il affirmé, en réponse aux préoccupations des membres du Kurultaï. En effet, des influences religieuses non traditionnelles commencent à se répandre parmi la jeunesse, notamment dans les milieux sportifs. C’est pourquoi le président du Kazakhstan a proposé de revoir la législation encadrant les associations religieuses afin de garantir que la religion joue son rôle fondamental : « La mission primordiale de la religion est de consolider la nation ».
Halte aux films véhiculant des comportements indécents !
Dans le cadre de ce renforcement des valeurs nationales, Kassym-Jomart Tokaïev a insisté sur l’importance de la culture, notamment à travers le cinéma et l’art. Tout en saluant la prédominance du cinéma kazakh dans les salles du pays, il a critiqué certains contenus véhiculant des comportements qu’il a qualifiés d’« indécents ». « Offrir aux spectateurs de la bonne humeur est une chose, mais promouvoir des modèles de comportements obscènes en est une autre », a-t-il souligné. Selon le président, des œuvres diffusant des messages de violence ou une romantisation de la délinquance sont problématiques. Il a donc préconisé une évaluation rigoureuse des films, y compris ceux produits indépendamment des commandes publiques. Ce contrôle, pour lui, est essentiel afin de maintenir des normes culturelles conformes aux valeurs morales de la société kazakhe.
La politique intérieure doit inculquer les valeurs fondamentales de la nation
Au-delà des aspects religieux et artistiques, Kassym-Jomart Tokaïev a également évoqué l’importance d’une réflexion sur les symboles nationaux. Le chef de l’État a appelé à une réforme de la politique intérieure de façon qu’elle contribue à ancrer profondément les valeurs fondamentales de la nation dans la vie quotidienne des Kazakhs. Pour cela, les membres du Kurultaï ont proposé un projet de « Concept de politique intérieure », que Kassym-Jomart Tokaïev a jugé essentiel pour « mettre en ordre toutes les actions dans le domaine de la politique intérieure ». Ce document doit rassembler les différentes autorités autour d’une idéologie commune, qui « réflète notre identité et notre mode de vie ».
Pour un port plus fréquent des tenues vestimentaires traditionnelles
L’importance des tenues vestimentaires traditionnelles occupe également une place centrale dans cette stratégie de renforcement des valeurs morales et culturelles. Le chef de l’État kazakhstanais a salué le regain d’intérêt pour les vêtements traditionnels, constaté notamment à l’occasion du Norouz, la fête nationale kazakhe, désormais célébrée pendant dix jours. Il a affirmé que la tenue traditionnelle contribuait à affirmer l’identité ethnique et que son port devenait progressivement « un phénomène courant ». Il a souligné : « Plutôt que de se draper dans des vêtements sombres qui dissimulent les visages, il est bien préférable de porter des habits de style national ». La nationalisation du style vestimentaire reflète ainsi une volonté de s’éloigner des influences étrangères, perçues comme une menace pour la culture kazakhe.
Des mots vulgaires dans les noms d’établissements commerciaux, c’est « niet »
Enfin, dans le domaine de l’onomastique (la nomination des rues et autres unités géographiques), un secteur apparemment plus technique mais qui s’inscrit aussi dans la préservation des valeurs morales, Kassym-Jomart Tokaïev a pris position contre la glorification excessive de certaines figures historiques. Il a appelé à une approche responsable dans la nomination des lieux publics et des entreprises. Selon lui, la mémoire des grandes figures historiques doit être protégée, mais sans tomber dans la mythification de personnalités dont les actes ne sont pas prouvés par des documents officiels. Ce phénomène de glorification injustifiée concerne notamment certaines figures de l’ère soviétique, ce que le président a qualifié de « phénomène regrettable ». Parallèlement, il a dénoncé l’utilisation de mots vulgaires dans les noms d’établissements commerciaux, exhortant les entrepreneurs à adopter des pratiques plus responsables et respectueuses des normes sociales.