Maintenant que le conflit frontalier entre le Kirghizstan et le Tadjikistan est résolu, le président kirghiz, Sadyr Japarov, propose de renforcer l’intégration régionale en Asie centrale. Il appelle à l’instauration d’un régime sans visa entre les pays de la région, ainsi qu’à une « visa unique » pour les visiteurs étrangers, inspirée du modèle Schengen.
Avec la résolution du litige frontalier, le Kirghizstan et le Tadjikistan ouvrent une nouvelle page de leur histoire
Le 13 mars 2025, les présidents du Kirghizstan et du Tadjikistan ont signé un accord historique, mettant fin à un conflit frontalier vieux de plus d’un siècle. Ce litige, qui remontait à 1924, avait lourdement marqué les relations entre les deux pays et était source de tensions régulières. L’accord prévoit non seulement la délimitation et la démarcation des frontières, mais aussi l’ouverture de nouveaux points de passage entre les deux États. Pour le président kirghiz, Sadyr Japarov, cet accord marque le début d’une ère de « paix éternelle » en Asie centrale.
Dans la foulée, le Kirghizstan et le Tadjikistan ont également conclu des accords bilatéraux concernant l’accès mutuel aux infrastructures hydrauliques et énergétiques, ainsi que la réouverture de liaisons de transport. Le 14 mars 2025, des vols commerciaux ont été rétablis entre Douchanbé et Bichkek, renforçant ainsi les échanges entre les deux pays. Le rétablissement des transports pourrait stimuler non seulement les échanges commerciaux, mais aussi les relations humaines, après quatre années de suspension.
Sadyr Japarov souhaite que les ressortssants des pays d’Asie centrale circulent librement au sein de la région
S’appuyant sur ce succès diplomatique, Sadyr Japarov a appelé à un renforcement de la coopération entre les pays d’Asie centrale. Le président kirghiz a proposé l’instauration d’un régime sans visa entre les États de la région, facilitant ainsi la libre circulation des citoyens. Selon lui, cette mesure permettrait d’accélérer les échanges économiques et de renforcer les liens culturels et politiques dans la région. Parallèlement, Sadyr Japarov a suggéré la mise en place d’une « visa unique » pour les voyageurs hors Asie centrale, inspirée du système Schengen, afin de faciliter les déplacements dans tous les pays de la région.
Le président Japarov a également mis en garde contre les risques du populisme dans les affaires publiques, critiquant les politiciens qui privilégient leurs intérêts personnels au détriment des projets d’envergure nationale. Il a rappelé que de nombreux projets bénéfiques avaient échoué par le passé en raison de déclarations inconsidérées, et a appelé à un examen rigoureux des décisions, comme ce fut le cas pour le récent accord frontalier, négocié minutieusement durant quatre ans.